10 mai 2008
Heureuse qui comme Céline fera un beau voyage
Les gens, je pars aujourd'hui pour une traversée de deux semaines des Etats-Unis. Nous allons nous entasser à sept dans une immense voiture pour aller à San Francisco, de l'autre côté du pays donc.
Je sais que nous allons tous nous détester à la fin du voyage, ne dites rien.
Ainsi se concluera en beauté mon année merveilleuse aux Etats Unis. Je suis triste de partir, de quitter les personnes avec qui j'ai tant partagé.
Je pense beaucoup à ce texte depuis quelques jours. Je le trouve très beau donc je souhaite le partager avec vous. A bientôt les zamis!
FAREWELL! de Lord Byron
Farerwell! if ever fondest prayer
For other's weal availed on high,
Mine will not all be lost in air,
But waft thy name beyond the sky.
'Twere vain to speak, to weep, to sigh:
Oh! more than tears of blood can tell,
When wrung from guilt's expiring eye,
Are in that word -- Farewell! -- Farewell!
These lips are mute, these eyes are dry;'
But in my breast and in my brain,
Awake the pangs that pass not by,
The thought that ne'er shall sleep again.
My soul nor deigns nor dares complain
Though grief and passion be there rebel;
I only know we loved in vain--
I only feel -- Farewell! -- Farewell!
(Adieu ! Si jamais plus tendre prière
Pour le bonheur d'autrui s'aida des dieux,
Ne s'évanouira la mienne en l'air,
Qui porte ton nom par-delà les cieux.
Vains seraient les mots, les pleurs, les soupirs;
Oh ! bien plus qu'il n'est dit, quand sourd des yeux
Coupables, pleur sanglant, et qu'ils expirent,
Réside dans ce mot : - Adieu ! - Adieu !
Ces lèvres sont closes, ces yeux sèchés;
Mais en mon esprit, mais dedans mon sein,
Veillent angoisses jamais épanchées,
La pensée qui n'aura d'instant serein.
Mon âme - qui ne daigne - ne se plaint,
Quoique se rebelle l'amour anxieux;
Je ne sais rien que : nous aimions en vain -
Je ne sens rien que - Adieu ! - Adieu ! )
23 avril 2008
L'Autobiographie d'Alice B. Toklas - Gertrude Stein
Dans la famille « prise de tête », je demande L’Autobiographie d’Alice B. Toklas (1933).
Franchement, dès qu’on pose un œil sur la couverture, on se dit que ça va être compliqué. Parce qu’à côté du titre, L’Autobiographie d’Alice B. Toklas donc, il y a le nom de l’auteur. Qui n’est pas Alice B. Toklas.
C’est Gertrude Stein.
Là on pourrait se dire qu’Alice B. Toklas est un être fictionnel, au même titre que, chépamoi, Célestine (Mémoires d’une femme de chambre, Mirbeau), Des Grieux (Manon Lescaut, mémoires d’un homme de qualité, Prévost), Jane Eyre, (Jane Eyre, An Autobiography, Charlotte Brontë), Octave (Confessions d’un enfant du siècle, Musset).
Ce serait si simple !
Sauf que si on connaît bien ses couples mythiques, on se souvient qu’Alice B. Toklas était la compagne de Gertrude Stein. On se trouve donc face à l’autobiographie d’une vraie personne par une autre personne qui a été très proche d’elle. Gertrude Stein le dit mille fois mieux que moi (en même temps elle n’a pas de mérite, c’est son concept à elle) : il s’agit « d’explorer l’intérieur de l’extérieur ».
Ouvrons le livre à présent. Ca commence de façon très traditionnelle, vieille école dirons nous. Alice B. Toklas est née en telle année, à tel endroit, elle aimait faire de la couture etc. Cependant le récit se concentre presque immédiatement sur sa vie à Paris avec Gertrude Stein, où elles ont vécu à l’aube de la deuxième guerre mondiale et pendant la guerre. Toutes deux fréquentent le milieu artistique de Montmartre, et le livre raconte plein d’anecdotes sur Pablo et ses maîtresses, Monsieur Matisse, Guillaume Apollinaire, Marie Laurencin et d’autres gens très bien.
Tout le livre est comme ça ou presque : une série d’anecdotes, pas nécessairement reliées logiquement, comme elles semblent affleurer à la mémoire de celle qui se souvient. De plus, comme le style est très superficiel, se limitant aux faits et n’évoquant que peu d’émotions, de pensées intimes, j’ai eu l’impression de me retrouver devant un Paris Match pour intellos.
C’est très déconcertant ; on a envie de calmer Gertrude Stein, de lui offrir de la modestie en boite.
Et puis en même temps c’est agréable d’observer ces personnes par le petit trou de la serrure, de comprendre ce qu’il se cache derrière la création de telle œuvre d’art. Par exemple on apprend que pour l’une de ses nombreuses natures mortes, Matisse avait dépensé une fortune pour acheter les fruits. Et comme il n’avait plus les moyens d’en acheter d’autres, et qu’il fallait que les fruits durent jusqu’à l’achèvement du tableau, Matisse faisait en sorte de rendre son appartement le plus froid possible, en hiver.
Après ma lecture, j’ai une autre impression : Gertrude Stein ne fait que raconter leur vie telle qu’elle était, et elle n’y peut rien si elle n’était entourée que de génies. En même temps, elle a sans doute fait une sélection des personnes desquelles elle allait parler.
Ce compte rendu de la bohème parisienne exaspère et fascine à la fois.
Un autre point irritant mais ô combien intéressant : d’Alice B. Toklas il n’est point question dans son autobiographie. Tout tourne autour de Gertrude Stein telle qu’en elle-même, sa vie, son œuvre. Du coup on a l’impression de lire l’autobiographie de Gertrude Stein, vue à la troisième personne. Vertigineux n’est-ce pas ? Le concept d'autobiographie en prend un coup! L’Autobiographie d’Alice B. Toklas est en réalité le fantasme de Gertrude Stein sur elle-même.
Ce que ces lignes confirment (c’est Alice qui parle, mais c’est Gertrude Stein qui la manipule, nous sommes d’accord) :
“The three geniuses of whom I wish to speak are Gertrude Stein, Pablo Picasso and Alfred Whitehead. I have met many important people, I have met several great people but I have only known three first class geniuses and in each case on sight within me something rang. In no one of the three cases have I been mistaken.” (je n’ai pas trouvé de traduction française, mais en gros Alice explique que Gertrude Stein est une génie à l’égal de Picasso.)
On n’est pas en plein culte de la personnalité là? (Ceci n’est pas un jugement de valeur)
Un livre curieux donc. Passionant si on passe outre l’exaspération que suscite l’auteur. A noter que c’est une des œuvres « lisibles » de Gertrude Stein. Parce qu’il y a les œuvres « illisibles ». Non ce n’est pas moi qui ai posé cette distinction. Allez lire Tender Buttons si vous voulez expérimenter l’Incompréhensible dans toute sa gloire. Tout un poème.
10 avril 2008
De l'adulte dans "Mary Poppins"
Vous ferais-je l’affront de pitcher Mary Poppins ?
Je crois bien que oui, car je me suis rendue compte – horreur ! que pas mal de personnes ne connaissaient pas mon film préféré ou n’étaient plus trop sûres.
Pitch (version Disney avec Julie Andrews) :17 Cherry Tree Lane. Londres. Début du XXè siècle
Jane et Michael Banks font fuir leur énième nurse, ce qui commence à agacer leurs parents, qui n’ont pas que ça à faire de les élever. Mr Banks, comme son nom l’indique, est banquier et fait des choses très compliquées de grandes personnes. Mrs Banks, comme son nom ne l’indique pas, est suffragette – activité ô combien estimable, mais prenante et pleine de risques. Jane et Michael décident donc de prendre les choses en main et rédigent eux-mêmes une petite annonce pour recruter une nanny, à l’insu de leurs parents. Arrive Mary Poppins, qui correspond aux critères. Comme elle le dit elle-même, elle est « pratiquement parfaite », et un peu sorcière aussi.
Les enfants, Mary Poppins et leur ami Bert forment une grande famille recomposée. S’ensuit une grande aventure dans un Londres magique, où l’on danse sur les toits avec des ramoneurs, où l’on saute dans un dessin et s’y promène, où l’on prend le thé en apesanteur car il suffit de rire pour voler. Mary Poppins parle de l’importance de vivre pleinement sa propre enfance, mais également de « devenir vieux sans être adulte » (copyright J. Brel) Voilà ce que ça donne chez Bert et Mary:
Maintenant un mot sur Bert, à mes yeux le personnage le plus intéressant de l’histoire car il est celui qui en bouleverse tout le sens.

Bert est un ami de longue date de Mary Poppins. Enfin ami… un ami qui flirte quoi. Il connaît et appartient à son univers magique. Tout au long du film, on le voit exercer plusieurs petits métiers romantiques comme homme orchestre, peintre des rues, ramoneur, dans lesquels il semble s’amuser comme un fou… « I draws what I likes and I likes what I do » déclare-t-il dans la scène du dessin. Il semble être l’un des rares adultes à ne pas l’être justement. Mais.
Quand on regarde le générique de fin, on s’aperçoit que Bert et Mr Dawes sont joués par le même acteur : Dick Van Dyke.
Mr Dawes est l’affreux patron de Mr Banks, qui est convaincu qu’investir est la clef de l’avenir. Il n’a pas tout à fait tort, mais il casse un peu l’ambiance, surtout quand il essaie de piquer les pauvres tuppence (= deux pence) de Michael. Pour lui ces tuppence représentent le début de la fortune. Mr Dawes représente la vie dans sa mécanique, le prévisible, la rationalité, l’adultat. Cependant, à la fin du film il meurt de rire au sens littéral. Et à ce moment survient une scène cruciale : il s’envole, comme les initiés au monde de Mary Poppins quand ils rient. Voyez plutôt.
Mr Dawes s’envole quand il rit, tout comme Bert, et tous les deux sont joués par le même acteur. Troublant n’est-ce pas ? S’agit-il juste d’une blague de la part de Disney ? Ou Mary Poppins contient-il un sens caché beaucoup moins enchanteur que ce qui parait à première vue ? Car si le fait que ces deux personnages soient joués par le même acteur n’a rien d’une coïncidence, faut-il en conclure que Bert contient en lui Mr Dawes, lequel se révélera petit à petit au fil des années ? Il semble que l’on ne puisse échapper à l’adultat : la magie de Mary Poppins n’est qu’éphémère.
Et en effet, des indices préfigurant Mr Dawes apparaissent déjà en Bert : tous ces petits boulots sont amusants, mais demeurent des petits boulots tout de même. Il s’agit de gagner de l’argent, ne serait-ce que des piécettes. « No remuneration do I ask of you but me cap would be glad of a copper or two.” dit-il dans la scène du dessin. A copper or two: tuppence donc. Ah, ces fameux tuppence!
Il me semble donc que cet éloge de l’enfance qu’est Mary Poppins contient en son sein la menace de l’adultat. Si l’enfant ressurgit, c’est à la toute fin, quand l’adulte retombe en enfance. Vous avez dit désespérant ?
Edit: Bien sûr que je n'y pense pas quand je regarde Mary Poppins! Il ne faut pas exagerer non plus... Personne ne va me gâcher mon film préféré, pas même moi!
Chim Chimney Chim Chimney Chim Chim Cheeroo!
01 avril 2008
Mon Odyssée dans "Ulysses" de Joyce
Il y a plusieurs livres monumentaux que je n'ai aucune envie de lire. Enfin, il ne faut jamais dire jamais, ma liste réduit progressivement au fil des années.
Par exemple, Moby Dick est sorti de la blacklist l'an dernier. Les sept cent pages de descriptions philosophico-scientifiques de cétacés ne me parlaient pas spécialement. Puis un jour une personne au goût très sûr autant en termes de gâteaux que de livres m'en a parlé avec un enthousiasme délirant. Donc j'ai emprunté l'édition Pléiade, histoire de me raccrocher aux notes (et je me suis accrochée en effet. Comme une noyée)(cette parenthèse n'est pas destinée à décourager qui que ce soit). Au bout de quelques mois semaines je suis sortie de l'épreuve non pas indemne, mais plus forte. Au final, ce fut une merveilleuse expérience de lecture.
La Recherche du temps perdu (ou La Recherche tout court pour ceux qui se la pètent) faisait également partie des pestiférés. Rapport aux phrases interminables, même qu'il faut souligner les sujet-verbe-compléments circonstanciels avec différentes couleurs pour en comprendre le sens, pour ensuite se demander si ce sens nous intéresse et si on a vraiment envie de partir à sa recherche pendant quelques milliers de pages. Bref, ma première expérience de Proust n'a pas été un franc succès.
Et puis à force d'entendre mes amis se demander mutuellement où ils en étaient dans la Recherche (mes amis se la pètent un peu), à force de me sentir exclue de ce cercle très privé, j'ai décidé de faire une seconde tentative d'approche de la bête. Mes motivations étaient purement sociales, très Guermantes dirons nous. Et ça marche assez bien je dois dire.
Pour ceux qui comme moi galèrent, je leur dis (comme on me l'a dit à moi) : commencez par "Un amour de Swann", la seconde partie du Côté de chez Swann. Le style est beaucoup plus accessible que le reste du tome, tout en nous donnant une idée de ce qui nous attend, et comme ce récit est détaché du reste de la narration, on ne se gâche pas la lecture en lisant cette partie en premier.
Et vous, z'en êtes où dans La Recherche?
Un des monstres que je ne pensais jamais lire, mais vraiment jamais, et que forcément je suis en train de lire sinon vous ne liriez pas ce post, c'est l' Ulysses de Joyce. Je ne le lis même pas de ma propre volonté. C'est pour mes cours (ah qu'elle est horrible cette phrase...). Je viens de lire les cent premières pages (il y en a huit cent), et j'ai cru que j'allais mourir. Pour vous donner une idée, Ulysses nous place dans la tête de quelqu'un, c'est-à-dire que vous avez accès direct à toutes ses pensées. Mais sans leur contexte. Mais oui, quand vous pensez, vous n'explicitez pas pour vous-mêmes toutes vos réflexions: il y a des blancs, des passages du coq à l'âne, des références à des événements ou d'autres pensées connus de vous seuls. Voilà, ça c'est Ulysses et je n'ai plus qu'un mois pour le lire.
Ce que j'ai compris: on est à Dublin et on suit deux personnages, Stephen Dedalus et Leopold Bloom. Le premier est artiste (mais je connais Portrait of the Artist as a Young Man du même Joyce, dont il est le héros et l'artiste en question, donc c'est de la triche). Le second est un négociant qui se fait cocufier par sa femme dès qu'il sort de la maison.
Voilà voilà.
En plein désespoir voilà ce que j'ai fait ce soir:
- j'ai acheté un "companion" sur Amazon.uk, un livre avec uniquement des notes explicatives sur une oeuvre. Des gens très sympas et intelligents se cassent la tête à notre place, mais ça a un prix. En livres, c'est déjà cher, mais quand on se rend compte que le dollar a deux fois moins de valeur que la livre, on se sent soudain mal.
- j'ai acheté une traduction française de Ulysses, la toute nouvelle sortie en 2004. Oui je sais, c'est TRES mal de la part d'une fille qui est spécialiste de littérature anglophone. Si ça sort d'entre ces quatre murs virtuels, j'irai mourir de honte au fond de mon lit (j'en profiterai pour dormir). Ce delai fatidique d'un mois me fait renoncer à tous mes principes. Je suis une fille perdue, et j'en rajoute à peine.
Dans un mois, vous aurez donc une vraie note sur Ulysses, et vous saurez si mes deux compagnons m'auront été d'une aide quelconque dans mon Odyssée. Je vous promets du sang, du travail, des larmes et de la sueur.
Vos encouragements et tuyaux seront acceptés avec reconnaissance.
27 mars 2008
Au coeur des tenebres (Heart of Darkness) - Joseph Conrad
Au cœur des ténèbres, monstre de la littérature, c’est le cas de le dire. Je ne sais pas vous, mais a moi il me faisait peur.
Et puis un beau jour on s’aperçoit qu’il ne fait même pas cent pages. Mais la Réputation veille… Ce pauvre Conrad est en effet souvent étiqueté de chiant, obscur, insupportable, et moi je crois toujours ce qu’on me dit, même si je n’écoute pas. Je me suis donc lancée au cœur des ténèbres, et je reviens ravie de mon expédition (haha).
(J’ai utilisé Londres et exotique dans la même
phrase !)
En effet, la Tamise est comparée à la rivière
qui traverse le Congo, sur laquelle Marlowe navigue plus tard dans le roman. On
se rend compte que l’Angleterre fut une contrée sauvage, inexplorée et inconnue
il fut un temps, avant l’arrivée des colonisateurs, à l’égal des terres
mystérieuses de l’Afrique. Et là, quelque chose de magique se produit : ma
vision de Londres se rembobine, et peu à peu apparaissent des forêts, un fleuve
tourmenté, des sauvages hirsutes (qui a dit « au secours le cliché ? »)
qui effacent les immeubles bourgeois, Soho, le Prince Charles.
15 février 2008
Six révélations de folie sur moi (ou pas)
Praline, Rose et Lamousmé me mettent dans une situation quelque peu embarrassante. Voilà, elles me demandent de révéler six éléments insignifiants sur ma personne. Seulement, la vie d'une Renarde ne connait point le banal. Si le glamour, la passion et la quête de l'absolu se sont jamais conjugués dans une existence, c'est bien la sienne.
Même s'il faut avouer que parfois les sus-nommés se font la malle. A vous de juger.
- En automne, il m'arrive de faire un petit détour pour marcher sur une petite feuille rousse qui m'a l'air bien croustillante... et l'entendre craquer sous mes pieds, ce n'est que du bonheur. Mais j'ai plein d'autres tics quand je marche: je détermine un nombre de pas précis par dalle, je décide de ne poser le pied que sur un pavé à la fois, ou alors j'entreprends de marcher sur le bord du trottoir, vous savez, la partie limitée par une bande.
- Au petit déjeuner, je me régale d'un bol de flocon d'avoine bouilli dans du lait (qui a dit berk?), auquel j'ajoute un filet de sirop d'érable, le tout accompagné d'un demi litre de thé noir. En revanche, les viennoiseries, les brioches, les crêpes, les gaufres, les gâteaux me soulèvent le coeur le matin, ce qui n'est pas très logique. Vous voyez Audrey Hepburn devant le Tiffany's au petit matin, avec sa robe Givenchy, ses lunettes et son croissant? Ben ce n'est pas moi.
- Quand quelqu'un me hurle dessus, je ne peux pas m'empêcher de l'imaginer en Donald Duck. Je vois la personne avec un béret, une vareuse, de petites plumes, et je l'entends faire "coincoincoin". Crédibilité zéro. Et c'est comme ça que je finis par trouver les gens odieux craquants.
- Quand je veux découvrir un klassique, livre ou film, je déteste qu'on me révèle quoi que ce soit. "On", ça peut être une personne, une intro qui fait du zèle, une quatrième de couverture un peu trop bavarde, une jaquette de dévédé, une critique de Télérama. J'aime être surprise! (Bien évidemment, ce n'est pas la même chose pour ce qui concerne vos blogs, car vous filtrez l'information.)
- Un nouveau verbe est entré dans le jargon de mon université à Boston: "to céline" (verbe régulier). Cela signifie tout bonnement "s'endormir à la bibliothèque". Il faut savoir que je suis une véritable marmotte et adepte des siestes l'après-midi. Cette quantité appréciable de sommeil donne souvent lieu à des rêves (très) bizarres que je m'amuse à interpréter depuis que j'ai découvert Freud cette année. J'apprends des choses que je ne veux pas savoir.
- Depuis hier je me repasse en boucle ces deux chansons, des reprises d'Aragon par Ferrat. Je trouve ça juste complètement hallucinant.
Voilà, je passe le relais à six autres personnes "qu'ont un blog" que je vais m'empresser de prévenir sur leurs blogs respectifs (tel que le veut la Chaine): Erzébeth, Lilly, Nanne (toujours vivante! Alleluia!), Pauline... et je triche: ceux de mes lecteurs qui voudront bien se prêter au jeu!
02 février 2008
Index des renardises
LAGARDE ET MICHARD
* Fictions
Barbey d'Aurevilly - Une Vieille maitresse
Bataille George - Ma Mère
Claudel Paul - Le Soulier de Satin
Cohen Albert - Belle du Seigneur
Le Livre de ma mère
Mangeclous
Gavalda Anna - Ensemble c'est tout
Green Julien - Adrienne Mesurat
Louÿs Pierre - Les chansons de Bilitis
Mirbeau Octave - Le Journal d'une femme de chambre
Stendhal - La Chartreuse de Parme
*
Uderzo - Astérix et la rentrée gauloise
*
Poésie
Queneau Raymond - Chêne et Chien
*
Baudelaire Charles - Pauvre Belgique!
Sade - La Philosophie dans le boudoir
Varejka Pascal - Singularités de l'éléphant d'Europe
* Rideau Rouge
Molière / Mozart - Dom Juan / Don Giovanni
DE L'AMERIQUE
* Fictions
Buck Pearl
- La Mère (The Mother)
Capote
Truman - Petit Déjeuner chez Tiffany (Breakfast at Tiffany's)
Chesnutt Charles - The Conjure Woman
Cunningham
Michael - Les Heures (The Hours)
Gilman
Charlotte Perkins - The Yellow Wallpaper
Steinbeck John - Les Raisins de la colère (The Grapes of
Wrath)
Styron William - Le Choix de Sophie (Sophie's choice)
Ethan Frome
Chez les heureux du monde (The House of Mirth)
Rosa Don -
La Jeunesse de Picsou (The Life and Times of Scrooge Mc Duck)
Sorel Edward - Vies Littéraires
Spiegelman Art - Maus
*
Poésie
Poe Edgar Allan - Poèmes (Poems)
PERFIDIES D'ALBION
* Fictions
Brontë Emily
- Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights)
Collins Wilkie - La Dame en Blanc (The Woman in White)
Rowling J.K - Harry Potter 6
Harry Potter 7
Woolf Virginia - Mrs Dalloway
* Comment dire ?
Crick Mark - La Soupe de Kafka (Kafka's Soup)
TRANSALPINERIES
* Fiction
Baricco Alessandro - Soie
Moravia Alberto - Le Mépris (Il Disprezzo)
Eco Umberto - Histoire de la Beauté / Histoire de la Laideur
Hesse Herman - Siddharta
Mc Cullough Colleen - Les Oiseaux se cachent pour mourir (The Thorn Birds)
Pamuk Orhan - Mon Nom est rouge
Roy Arundhati - Le Dieu des petits riens (The God of Small
Things)
Tolstoi Leon - La Mort d'Ivan Ilych
Chez les heureux du monde (The House of Mirth) - Edith Wharton
Tout le monde se rappelle d’Undine, la tête-à-claques notoire des Beaux Mariages. Tout le monde se rappelle de son but dans la vie qui est, je vous écoute…
SE TROUVER UN MARI
Bien. Mais encore ?
AVOIR DES $$$
C’est très bien, je vois que tout le monde suit. Et quel effet m’avait fait cette héroïne ? Elle était… ? Elle était… ?
COMPLETEMENT FLIPPANTE
Trrrrrrrès bien. Nous allons poursuivre notre étude de l’héroine whartonienne si vous voulez bien.
Undine Spragg et Lily Bart, même combat : nous sommes
toujours dans les hauts cercles new-yorkais au tournant du siècle, nous sommes
toujours au sommet de notre gloire et de notre beauté.
Pour compliquer un peu les choses, sinon ce n’est pas drôle,
nous sommes fauchées, ce qui ne nous empêche pas d’avoir des goûts de luxe.
Notre mission : trouver un mari avec beaucoup d’argent.
Et si on a l’embarras du choix, on se met aux enchères.
- être considérée vieille fille (brrrr)
- être qualifiée de traînée (pouah !)
Edith Wharton sait de quoi elle parle, elle en a fait les frais.
Car seul le mariage peut permettre à la femme d’être libre de ses actes
et mouvements. Il s’agit d’un marché : la femme sert de vitrine à la
fortune de son époux avec ses bijoux, ses robes, ses dîners. Le couple n’est
rien moins qu’une association, un moyen pour l’un comme pour l’autre de
progresser dans leur carrière sociale. Bref, pour que l’homme ait accès à la 5è
Avenue, il faut que sa femme ait accès à Wall Street. La réciproque est vraie.
Lily Bart y arrive. On a ainsi de belles descriptions de robes,
de soirées, de voyages, de dîners. Mais elle a de plus en plus de mal. La seule
différence entre elle et les pauvres, c’est que chez elle ça ne se voit
pas.
Mais il y a toujours ce problème de faire carrière.
Et en même temps, j’aurais tué pour porter son petit drapé
crème de la soirée des tableaux vivants.
La haute société est réellement fascinante : bien que l’on en connaisse les dessous, l’on ne peut se garder d’être ébloui par son glamour. Serait-ce la pure apparence qui nous séduit tant ? Ou alors serait-ce la cruauté de cette beauté.
Un des personnages fait la remarque suivante au début du roman : de nombreux sacrifices ont du être exigés pour dessiner le personne de Lily Bart. On peut y voir le sacrifice de l’héroïne elle-même, mais pas seulement. Le Prince Heureux d’Oscar Wilde n’est pas qu’un conte.
27 janvier 2008
La dame en blanc (The Woman in White) - Wilkie Collins
Soufflée. J’ai été complètement soufflée par ce fabuleux roman que j’ai eu la surprise de découvrir dans ma boîte aux lettres un jour de novembre. Je n’avais jamais lu cet auteur ami de Dickens, considéré comme le précurseur des romans d'enquête. A peine en avais-je entendu parler une fois chez Aurélie, dont la critique était alléchante. C’est justement elle qui me l’a offert, cette chère Aurélie qui décidemment connaît très bien mes (bons) goûts. En même temps, je vous défie de trouver quiconque résistant au charme de ce récit de maître qui dépeint avec force une Angleterre victorienne inquiétante, rendant de façon magistrale sa froideur et son feu.
(Une allusion à une œuvre de Conrad s’est subrepticement
glissée dans ce paragraphe. Sauras-tu la retrouver lecteur ?)
Ainsi le style varie selon les personnages : l’on a une
écriture procédant par touches, contours et couleurs quand Hartright
intervient ; celle de Mr Fairlie est névrosée, agitée, écrite comme sous
la contrainte ; celle de Marian est puissante et sobre.
Deux figures sont somptueuses à mes yeux: celles de
Marian Halcombe et du Comte Fosco. Le personnage de Marian, la sœur laide et
célibataire, est tout en sensualité retenue, en passion réprimée par les conventions de la société
victorienne, mais que l’on devine à travers son écriture et ses actes.
Le(s) portrait(s) du comte Fosco nous présente(nt) un
personnage flamboyant à l’image de Marian, très charismatique, raffiné, véritable
génie dans la manipulation des vies et des personnes.
Merci pour ce merveilleux moment de lecture Aurélie!
10 janvier 2008
La Mort d'Ivan Ilych - Leon Tolstoi
La Mort
d’Ivan Ilych est une expérience difficile,
autant pour lui que pour nous. Enfin, plus pour lui maintenant, mais vous,vous vous
prenez toujours autant la tête sur la mort.
Vous étiez pourtant bien tranquille avant
cette lecture. Vous pensiez à la mort bien sûr, mais vous ne vous y attardiez
pas, trop occupé à vivre. Et puis aussi, ce n’est pas très agréable. On a en
effet trois possibilités me semble-t-il :
- être anéanti. Moui.
- Se réincarner. Moi, si je ne suis pas réincarnée en moi ou en chat, je préfère éviter.
- Aller au Paradis ou en Enfer. Le Paradis ça a l’air chiant. Et l’Enfer, dit comme ça… Sauf si on l’envisage comme Rowan Atkinson dans « La Vipère Noire ». Selon lui l’Enfer c’est cool puisque ce serait là où on la luxure, la paresse, la gourmandise font office de lois.
Mais je vais un peu vite. Voilà comment la nouvelle commence. Nous assistons aux funérailles d’un homme, et surprenons les conversations de ses proches qui ne semblent pas très émus par sa mort. Ils parlent argent. Ils pensent à la soirée qui les attend après l’enterrement. On ne sent pas de douleur de leur part, sauf chez un petit garçon silencieux à peine évoqué. On se sent pris d’une grande pitié, et même d’une certaine tendresse pour celui qui va être enterré.
Le narrateur nous présente également une
réflexion sur la solitude. Car Ivan Ilych est seul dans son agonie ou presque.
Les gens sont mal à l’aise face à lui, entretiennent des conversations
factices, font semblant de rien.
Ce livre m’a tellement stressée que j’en avalé une boîte de cookies.
Je ne me souviens pas avoir déjà lu de
roman sur la maladie. Je me trompe ou c’est plutôt rare ? Il y a bien La Montagne Magique de Thomas Mann (pas
lu), et La Tâche de Philip Roth (pas
lu non plus) (ou l’art de parler de livres que l’on n’a pas lu), mais à part
ça, je ne vois pas.
Edit:
Elou ajoute La Maladie de Sachs de Martin Winckler
Rose: Morts imaginaires de Michel Schneider (ce n'est pas specifiquement sur la maladie, mais on reste dans l'ambiance)
Gabriel: Un Homme de Philip Roth
Erzébeth: Love story
25 décembre 2007
Histoire de la Beauté / Histoire de la Laideur - Umberto Eco
Voilà ce que j’ai eu la joie immense de
découvrir ce matin sous mon sapin : « L’Histoire de la Beauté »
et « L’Histoire de la laideur » (Flammarion) par Umberto Eco, deux
livres magnifiques, abondamment illustrés de peintures, de dessins, contenant
de nombreux poèmes, extraits de romans et d’essais, allant des origines à nos
jours. J’ai l’impression néanmoins que les livres ne présentent pas beaucoup la
pensée et l’art africain, oriental et asiatique, et montrent la laideur et la
beauté plutôt d’un point de vue occidental. Mais bon, il y avait déjà de quoi
faire.
C’est tout ce que je peux dire pour l’instant
puisque vous vous doutez que je n’ai pas eu le temps de parcourir les huit cent
pages des deux livres. Cependant, je peux vous dire que j’ai passé un moment
délicieux à les feuilleter, à regarder les images surtout (c’est bien les
images quand on en a marre de lire, ce qui arrive même aux meilleurs, regardez
Lilly - reviens Lilly !).
J’avais l’impression d’être un enfant, l’imaginaire stimulé et émerveillé par ces princesses et ces monstres. Et ce que j’ai vu des peintures me donnaient une vision de la beauté et de la laideur que je n’avais jamais envisagé auparavant. Par exemple, je n’avais jamais vue « La Femme qui pleure » de Picasso comme laide (ce qui ne contredit pas sa beauté d’œuvre d’art). Ces livres me tiraient dans plein de nouvelles directions différentes, moi qui étais endormie depuis plusieurs jours par les siestes et le chocolat.
Voilà la liste des thèmes des deux livres pour vous mettre l’eau à la bouche :
LA LAIDEUR :
- la laideur dans le monde classique
- la passion, la mort, le martyr
- l’Apocalypse, l’Enfer, le Diable
- Monstres et Merveilles
- Le laid, le comique, l’obscène
- La laideur de la femme entre Antiquité et Baroque
- Le Diable dans le monde moderne
- Sorcellerie, satanisme, sadisme
- Physica curiosa
- La rédemption romantique de la laideur
- L’inquiétante étrangeté
- Tours de fer et tour d’ivoire
- L’avant-garde et le triomphe de la laideur
- La laideur d’autrui, le Kitsch et le Camp
- La laideur aujourd’hui
LA BEAUTE :
- l’idéal esthétique en Grèce
- Apollinien et Dionysiaque
- La Beauté comme proportion et harmonie
- La lumière et les couleurs au Moyen Age
- La beauté des monstres
- De la bergère à la donna angelicata
- La beauté magique entre XVè et XVIè siècles
- Dames et héros
- De la grâce à la beauté inquiète
- La raison et la beauté
- Le sublime
- La beauté romantique
- La religion de la beauté
- Le nouvel Objet (beauté des objets)
- La beauté des machines
- Des formes abstraites au profond de la matière
- La beauté des médias
Père Noël, que le chemin de ta vie soit parsemé des pétales de cent mille roses.
It's a wonderful life - Frank Capra
J’aurais aimé vous parler d’un livre de Noël, comme Dickens ou … Dickens, seulement je n’ai pas lu Dickens ni Dickens. En revanche, j’ai cédé à la tradition américaine (et espagnole) de visionner « It’s a Wonderful Life » de Frank Capra le soir de Noël. Je ne résiste pas au plaisir de vous en parler même si ce n’est pas dans les habitudes de la maison de parler de films.
Ca sentait le bon sentiment et le happy
end hollywoodiens à plein nez donc j’ai
dit tope-là mon frère.
Notre banquier, après avoir hurlé sur tout le
monde, démoli des trucs dans sa maison, fait rentrer sa voiture dans un arbre,
se rend sur un pont et s’apprête à se jeter dans l’eau. C’est là qu’un ange,
désireux de monter en grade et d’obtenir ses ailes, l’empêche de faire
n’importe quoi et entreprend de lui montrer comment le monde serait si lui
n’avait pas existé.
Mais bon, du début du film au moment où notre
banquier s’apprête à se suicider, on va de catastrophe en catastrophe. En plus,
il y avait des petites considérations financières auxquelles je ne comprenais
rien (je fais l’autruche dès qu’on parle de chiffres, même dans Balzac). Et
j’étais de mauvaise humeur puisque les gens ne voulaient mettre sur pause pour
m’expliquer. Pas vraiment mon idée d’un film de Noël pour tout vous dire.
On bat des deux mains, je vous le dis.
J’ai trouvé que son épouse (Donna Reed) était un beau
personnage également, loin des femmes fatales d’Hollywood dans les fourreaux
desquelles j’aime à m’imaginer. Elle soutient son mari, lui est d’une aide
précieuse, prend souvent des initiatives. Et est d’une beauté rétro, discrète
mais pas fade.
05 décembre 2007
Une midinette? Où ça?
Vous ne pouvez pas penser à moi, bien que...
- je suis presque tout le temps en jupe ou en robe et j'augmente régulièrement la hauteur de mes talons,
- le gloss rose parfumé à la barbe à papa est mon ami, et j'assume le maquillage à paillette,
- (attention, pas facile à avouer) je lis les blogs de filles et de mode (bien que je ne suive pas la mode). Et quand j'étais en France, j'achetais religieusement mon Cosmo et mon Glamour chaque mois, que je savourais avec une tasse de thé et une boîte de cookies, au plus grand désespoir de l'Homme,
- mon coeur bat un peu plus vite quand je vois lui
ou encore lui (Ewan Mc Gregor)
Mais là où je défaille, c'est face à lui:
enfin lui quoi (dégage de là sale garce):
Mais attention: je ne suis pas du genre mante religieuse qui se dit que ce mâle a de belles fesses. Moi ce serait plutôt le "Hiiiiiiiiiiiiiiiiii kes kil est boooooooooooo!!!!!" de quand j'avais douze ans.
- J'adore le rose. Enfin rose, je me comprend: fuschia, framboise, vieux rose, rose très pâle. Pas le rose Barbie ou bonbon, c'est pas la fête non plus.
Ca n'empêche pas mes amis de hurler au mauvais goût (ils se reconnaitront). Franchement ça pourrait être pire.
- Passer une soirée de filles, avec des trucs sucrés à manger, des films à l'eau de rose à regarder et des potins à se raconter, c'est juste le bonheur.
- Voilà les silly love songs que je peux m'écouter en boucle. En boucle, je veux dire que mon entourage finit par devenir fou:
Je me pâme sur Aimer à perdre la raison de Ferrat.
Pour moi, La chanson des vieux amants de Brel est une des plus belles pièces de la chanson et la poésie francophone.
Je me réveille avec Can't help myself (des Four Steps), et Wouldn't it be nice (des Beach Boys).Et aussi Your Song interprétée par Ewan Mc Gregor pour le film "Moulin Rouge" (et je n'ai rien contre Come What May de la même BO)
Et pour m'endormir: Wonderful Tonight (d'Eric Clapton), Thank you for loving me (Bon Jovi, si c'est n'est pas de la midinette attitude en force ça!), I Just don't think I'll ever get over you de Colin Hay (BO de "Garden State")
- Pour enfoncer une dernière fois le clou, je crois en l'amour, le vrai, où on voit des coeurs partout et où on chante comme dans une comédie musicale. Toute sa vie!
Là je viens de repousser les limites de la midinette attitude, j'en suis tout à fait consciente et je m'étonne moi-même.
Je n'ai plus de crédibilité. Merci qui? Praline et Fashion!
Qui osera marcher sur nos pas? Qui avouera?
01 décembre 2007
De l'homosexualité de Dumbledore
J.K Rowling a annoncé lors d’un entretien avec des lecteurs
il y a un mois que l’honorable Dumbledore était gay. Et qu’il était amoureux de
Grindelwald.
Après quelques instants de silence, la salle a salué ce
coming out d’un tonnerre d’applaudissement. Et j’aurais fait pareil si j’avais
été là.
Sauf que je n’étais pas là, et plus j’y pense, plus je suis perplexe.
Il me semble que J.K Rowling ne s’engage pas vraiment sur
cette question, puisque il n’y en a pas de trace dans son œuvre. Genre elle
soutient la cause homosexuelle, mais pas trop quand même.
Coup de pub ?
Moi, je m’en fous éperdument de qui est gay, qui ne l’est
pas, qui se tâte, qui tripote qui. D’ailleurs je n’ai pas trop aimé le 6è tome
à cause de ça. Mais à partir du moment où l’auteur a choisi d’aborder cette
question, on peut s’interroger sur son silence concernant ces points.
L’homosexualité serait-elle taboue dans le monde des
sorciers, comme elle l’est dans la société moldue? Est-ce cela que J.K Rowling
veut montrer ? Sa déclaration est-elle un moyen de porter notre attention
sur ce silence éloquent ? C'est le seul intérêt que je vois.
Tiens, J.K Rowling avait peut-être envie de les embêter un peu...
Quoi qu'il en soit, un personnage est ce que son auteur écrit sur lui. Je ne sais pas s’il peut continuer à le développer une fois le point final posé. C’est à nous d’imaginer l’épaisseur humaine du personnage ; c’est, il me semble, un des rôles et des privilèges du lecteur que de recréer le monde de l’œuvre à son tour.
C’est pour ça que l’habitude prise par J.K Rowling de révéler des éléments inédits d’Harry Potter m’agace un peu. Je n’y crois pas. Je ne doute pas qu’elle ait énormément de choses à dire, mais dans ce cas, qu’elle continue la série. Je la lirais avec le plus grand plaisir.
16 novembre 2007
Ethan Frome - Edith Wharton
Depuis que je suis arrivée à Boston, on n’arrête pas de me
répéter que je vais pleurer ma mère en hiver, tellement il fait froid.
Que j’aurai plusieurs fois la tentation d’appeler un taxi
pour aller en cours (en courant le trajet me prend cinq minutes), et qu’il est
très probable que j’y céderai au moins une fois.
Que mes cheveux vont se transformer en stalactites et qu’ils
se briseront en deux sous l’effet du froid si je ne fais pas attention.
Que oui, investir 300$ dans un manteau d’hiver est tout à fait
raisonnable et à envisager sérieusement.
L’hiver ne donne vraiment pas de bonnes idées à Ethan Frome. Toutes ses actions, irréversibles, sont regrettables et il finit par les payer très cher. Au début du livre, il est présenté comme un homme détruit et le reste du roman revient en arrière pour raconter comment il en est arrivé à devenir ce débris humain.
Vous êtes prévenus : tout se passe mal, le début est terrible, la suite est pire encore, et je ne vous parle pas de la fin qui forcément est tragique. Et non, je ne spoilie rien du tout !
La princesse/bonne fée est là.
Le bon bûcheron rustre au grand cœur aussi.
La sorcière malveillante avec son chat : présente.
La chaumière isolée du reste du monde (genre la
« petite maison dans la prairie ») est là aussi.
Du coup, avec toute cette neige et les aventures de nos
héros, on se retrouve dans une atmosphère que j’ai trouvée presque magique.
On a celui de l’homme
pauvre opprimé par sa femme et ses obligations sociales et paf ! on a un
discours sur la pauvreté qui crée un système aliénant de dépendance.
Mais on peut aussi voir celui de l’épouse malade aigrie qui
voit son mari lui échapper, et paf ! discours sur le mal-être féminin.
Sans oublier celui de la jeune fille soumise à la tyrannie
de sa patronne-cousine, et boum ! critique des conditions de vie des
jeunes filles, contraintes de se trouver un mari ou d’accepter des boulots
minables pour pouvoir survivre.
Ou alors, collez-vous à un radiateur.
14 novembre 2007
Swap thé et littérature
Le swap Thé et littérature organisé par Célia, voilà quelque chose qui me tentait bien...
Déjà, il y a "littérature" dedans, ce qui présage qu'en soi, ça ne peut être mauvais. Et puis il y a "thé"...
Le cliché de la lectrice asociale enfoncée dans un fauteuil en pyjama, se shootant des litres de thé, c'est tout moi (et je ne suis pas la seule, vu le succès du swap en question).
Le thé, c'est mon petit snobisme, avec les écharpes, les parfums, mes goûts littéraires; c'est mon petit côté Arielle Dombasle lady anglaise. Aussi quelle ne fut ma tristesse lorsque je fus contrainte à abandonner mes thés en France! (par peur qu'on ne m'arrête à la douane américaine pour trafic d'herbe) Tristesse accrue par la fermeture des inscriptions pour le swap pile au moment où je me suis pointée chez Célia... A cela s'ajoutait le fait que le bon thé ici coute une fortune...
Telle une âme en peine, j'errais dans le campus, rêvant aux thés aimés, perdus hélas mais aimés d'autant plus.
(j'exagère à peine)
Puis telle mon bon ange m'apparut Aurzébeth, sous la forme d'une écriture fine, d'un livre, de deux sucettes à la violette et d'un sachet de thé noir de Chine à la violette...
J'approuve frénétiquement.
J'applaudis des deux mains.
J'exécute une petite danse de la joie.
MERCI A TOI AURZEBETH!!
Que le chemin de ta vie soit semée des pétales de cent mille roses.
Ton cadeau m'a vraiment touchée et a illuminé ma journée. Merci encore.
Pour l'avoir goûté il y a une heure, je peux vous assurer que le thé est délicieux et qu'il embaume ma chambre de son odeur de bonbon. (A propos de bonbons, les sucettes n'apparaissent pas sur les photos car je leur ai fait leur fête au gouter!)
Je ne peux pas dire grand chose du livre pour l'instant, car je ne connais absolument pas l'auteur. En revanche, si je me fie à la critique de ma chère Aurzébeth sur un autre de ses livres qui m'avait déjà bien tentée, je sais que je me régalerai... Et puis, comme elle le dit si bien: "je suis SURE qu'il te plaira... (1ère qualité: il est mort!!...)". Que demande le peuple?
Le livre en question est de Wilkie Collins, écrivain anglais du 19è siècle. Il s'agit de "The Woman in White".
Voici l'extrait de la quatrième de couverture: "There, as if it had that moment sprung out of the earth or dropped from the heaven - stood the figure of a solitary Woman, dressed from head to foot in white garments."
Le "résumé": "Walter Hartright's contemplations on the lonely, moonlit road are rudely broken by the nameless and distressed woman in white. The encounter is to change his life, for she is at the center of villainous machinations which are profoundly to affect him, and those he loves."
J'ai hâte de commencer ce livre et de découvrir cet auteur au sujet duquel un certain nombre d'entre vous semblait particulièrement enthousiaste! Merci encore Aurélie!
31 octobre 2007
The Conjure Woman - Charles Chesnutt
Vous voyez Mama, dans Autant
en emporte le vent ?
Que je vous rafraîchisse la mémoire…
« Mamzel Scarlet’ Mamzel Scarlet’ une fem’ ça doit
manger co’ un piti oiseau. Les hom’ ça n’aime pas les fem’ ave’ un trop g’and
appétit. Venez que j’ vous lace mon chou. »
Et Prissy, vous vous rappelez Prissy ? Celle qui ne se
presse pas pour trouver un médecin, alors que Melly beugle tellement un
accouchement c’est pas sympa…Tenez, vous savez à qui elle me fait penser dans
cette scène où elle chantonne et balance ses jupes en plein Atlanta alors
que Scarlett lui hurle de se bouger les fesses?
A « la belle Dorothée » de Baudelaire :
Cependant
Dorothée, forte et fière comme le soleil, s'avance dans la rue déserte, seule
vivante à cette heure sous l'immense azur, et faisant sur la lumière une tache
éclatante et noire.
Elle s'avance, balançant mollement son torse si mince sur ses
hanches si larges. Sa robe de soie collante, d'un ton clair et rose, tranche
vivement sur les ténèbres de sa peau et moule exactement sa taille longue, son
dos creux et sa gorge pointue. (« La Belle Dorothée », Le Spleen de Paris)
On la voit autrement Prissy non ? Vraiment pas?
Tout ça pour vous dire que Mama et Prissy réunissent à elles
deux les caractéristiques du « Nègre » selon quelques auteurs sudistes
du 19è et du début du 20è (le but de mon propos donc). Ils forment un courant littéraire très particulier
que l’on appelle la « plantation fiction « , dont les plus
célèbres représentants sont Thomas Nelson Page (In Ole Virginia) et Joel Chandler Harris (Uncle Remus, His Songs and His Sayings).
Traditionnellement, ces œuvres mettent en scène un ancien
esclave racontant à un public de blancs sa vie sur la plantation, sous forme de
contes plaisants (« folktales ») en « negro dialect ».
Naturellement, tout était beau et bon au domaine, le maître était gentil, les
esclaves l’aimaient et s’amusaient comme des petits fous, même si travailler,
c’est dur.
Venons-en à l’esclave en lui-même : il était gentil, joyeux,
affectueux, un peu bête, paresseux, toujours prêt à faire un coup en douce. Un
vrai gamin en somme. On lui donne un nom : Sambo.
“But ef you en young miss dere doan’ min’
lis’nin ter a ole nigger run on a minute er two w’ile you er restin’, I kin
‘splain to you how it all happen’
Je vous le dis, c’est décourageant. Surtout quand on a fait
la fête après avoir fini Les Raisins de
la Colère en VO. On se croit perfectly fluent en américain de la
cambrousse, et tout d’un coup on tombe de haut : on n’était qu’au level 1.
Au début, on a juste envie de balancer le livre, mais comme
on se rend compte que c’est bien, on s’acharne, on lit à haute voix, on compose
un dictionnaire, on lit en fermant un œil et en penchant la tête à droite. A la
fin, on n’a pas tout compris, mais on en est au niveau LV10 donc faut pas trop
en demander.
Du coup ça change tout. A la différence de ses collègues blancs qui croyaient à fond que l’esclavage c’était le bon temps, Charles Chesnutt dénonce violemment cette période au travers des contes. Certes, on n’est pas obligé de croire qu’un homme a été transformé en arbre par sa bien-aimée, mais on peut imaginer la douleur qu’éprouvaient ces personnes à être séparées. Quand le maître fait couper l’arbre pour construire une cabane, on comprend que l’on a bâti les Etats-Unis par la souffrance et le sacrifice de vies humaines.
Charles Chesnutt dénonce également le racisme dont souffrent les noirs à la fin du XIXè siècle (qui voit le lynchage de masse) à travers la voix condescendante de John. Et on comprend que les petits coups en douce de Julius ne font pas sens par le profit matériel qu’il en tire, mais par la résistance qu’il oppose à l’oppression des blancs. Du coup le dialecte prend une certaine noblesse, comme le refus d’adopter totalement la langue des maîtres. Ce sont eux qui sont obligés de s’adapter, pas lui.
Comme il pouvait « faire » blanc (je n'en reviens toujours pas), il ne s’est pas révélé
comme auteur noir au départ, ne voulant pas influencer le jugement de ses
lecteurs. Son but était qu’ils voient les réalités de l’esclavage, pas qu’ils
se demandent si le livre était pas mal pour un noir ou pas. Ca n'a pas si bien marché que ça en fait, son lectorat ne voulant lire que ce qu'il avait envie de lire. On a préféré voir l'aspect pittoresque des histoires, ce qui explique la couverture originale, où l'on voit Julius rieur entouré de deux lapins.
03 octobre 2007
Old Indian Legends - Zitkala-Ša
Zitkala-Ša (prononcer « sha »), aussi connue sous
le nom de Gertrude Simmons Bonnin, est un auteur amérindien. Elle est née
dans
une réserve sioux dans le Dakota du sud en 1876, et à l’âge de huit ans, elle
est envoyée dans une école quaker créée pour les indiens, comme des milliers d’autres
enfants à cette époque. Faut bien ramener ces peaux rouges dans le droit chemin.
C’est quoi ces coupes de barbares, ces fringues de sauvages ? On leur passe
un coup de ciseaux et de peigne, on les habille à la WASP, et les voilà devenus
beaux comme tout. « Tuer l’Indien et sauver l’Homme », telle est en
effet la devise de Richard Henry Pratt, fondateur de la Carlisle Indian Industrial School. Il s’agit donc de détruire la culture
indienne, sa langue, sa religion, ses traditions, d’une part pour civiliser le
peuple rouge (l’enfer est pavé de bonnes intentions) et d’autre part pour
asseoir la domination de l’homme blanc en Amérique.
C’est dans ce contexte que se comprend la mise par écrit (en anglais, la « seconde langue d’Amérique ») des contes traditionnels dakotas par Zitkala-Ša en 1901. Perpétuer sa propre culture en utilisant l’anglais est une manière pour elle d’utiliser l’arme de l’homme blanc contre lui. C’est bien de lutte dont il s’agit car ce tournant du 20è siècle voit l’affrontement sanglant entre Sioux et colonisateurs, qui donne lieu à la bataille de Little Big Horn en 1876, au massacre de Wounded Knee Creek en 1890. De tout cela Zitkala- Ša est un témoin, une survivante et une victime.
Les contes retranscrits par Zitkala-Ša sont très plaisants à lire, avec des personnages hauts en couleur. Iktomi, l’esprit malin qui trouve toujours plus malin que lui, est celui qui apparaît le plus et l’on rit de ses mésaventures. Les contes présentent également nombre d’animaux doués de parole et de conscience, des tribus indiennes, des êtres surhumains qui se cherchent des noises, le tout dans une nature sauvage et non domestiquée. Ils m’ont fait l’effet de fables, car beaucoup possèdent une morale à la fin, représentative des valeurs dakotas (dakotiennes ? dakotes ? dakotasses ?).
J’ai lu le tout de façon assez innocente, riant quand on me demandait de rire, pleurant quand on me demandait de pleurer. Je suis très bon public. C’est en lisant l’introduction après ma lecture (jamais avant malheureux ! ça gâche tout ! ce qui est le comble pour une introduction), que ça a fait tilt dans ma tête : pourquoi cette sélection de contes ? Il y en a des centaines d’autres !
On s’aperçoit en refeuilletant le livre que ces contes sont en réalité une dénonciation des agissements des colonisateurs. Les voleurs, menteurs, tricheurs, profiteurs, et surtout les meurtriers, ce sont eux. Ceux qui s’approprient un lieu qui n’est pas le leur en terrorisant les propriétaires légitimes par la démonstration de leur force, ce sont eux. Ceux qui ne sont point reconnaissants de l’hospitalité généreusement offerte et s’engraissent aux dépends de leurs hôtes, ce sont toujours eux. Déguisés en ours, en loups, en esprit malin.
I
There in a huge old buffalo skull was a gay feast and dance! Tiny little
field mice were singing and dancing in a circle to the boom-boom of a wee, wee
drum. They were laughing and talking among themselves while their chosen
singers sang loud a merry tune.
They built a small open fire within the center of their queer dance
house. The light streamed out of the buffalo skull through all the curious
sockets and holes.
A light on the plain in the middle of the night was an unusual thing. But
so merry were the mice they did not hear the "king, king" of sleepy
birds, disturbed by the unaccustomed fire.
A pack of wolves, fearing to come nigh this night fire, stood together a
little distance away, and, turning their pointed noses to the stars, howled and
yelped most dismally. Even the cry of the wolves was unheeded by the mice
within the lighted buffalo skull.
They were feasting and dancing; they were singing and laughing--those
funny little furry fellows.
All the while across the dark from out the low river bottom came that
pair of fiery eyes.
Now closer and more swift, now fiercer and glaring, the eyes moved
toward the buffalo skull. All unconscious of those fearful eyes, the happy mice
nibbled at dried roots and venison. The singers had started another song. The
drummers beat the time, turning their heads from side to side in rhythm. In a
ring around the fire hopped the mice, each bouncing hard on his two hind feet. Some
carried their tails over their arms, while others trailed them proudly along.
Ah, very near are those round yellow eyes! Very low to the ground they
seem to creep--creep toward the buffalo skull. All of a sudden they slide into
the eye-sockets of the old skull.
"Spirit of the buffalo!" squeaked a frightened mouse as he
jumped out from a hole in the back part of the skull.
"A cat! a cat!" cried other mice as they scrambled out of
holes both large and snug. Noiseless they ran away into the dark.
Le résumé tant promis: C’est la nuit. Une ribambelle de souris fait la fête autour d’un feu dans un crâne de bison (et pourquoi pas ?), se pensant à l’abri de tout danger. Elles ne voient pas le chat qui se cache non loin de là, près de la rivière. Celui-ci surgit brusquement, interrompant les festivités, contraignant les souris à s’enfuir. Fin.
Quand je l’ai lu, j’ai trouvé ce conte étrange. Il est très court, l’histoire tient en deux lignes (ok, en quatre quand c’est moi qui raconte, mais vous me connaissez, j’aime bien m’étaler), on sent un certain malaise. Cette fête endiablée est angoissante, on y sent une urgence. La présence du chat, dont on ne voit que les yeux enflammés, est très inquiétante. Et ça se finit un peu en queue de poisson.
En réalité, il faut connaître l’histoire du massacre de Wounded Knee Creek de 1890 pour y voir plus clair (merci l’intro). A cette époque, une danse devenait populaire chez les Sioux : la « Ghost dance ». On croit qu’en l’exécutant, la population de bisons (animal sacré chez les Sioux) et d’indiens massacrée reviendrait à la vie, que l’homme blanc repartirait chez lui et que les terres seraient retournées aux indiens. Cette danse exprime la nostalgie du passé et la rejection des colonisateurs. Craignant qu’elle ne représente une menace effective, les autorités font assassiner Sitting Bull, le chef des Sioux, et font massacrer trois cents indiens sans armes à Wounded Knee Creek. En passant, on l’a longtemps fait passer pour une bataille, mais depuis quelques décennies, elle est véritablement reconnue comme massacre.
Ainsi l’histoire « dance in a buffalo skull » prend tout son sens. Les souris sans défense qui dansent en cachette dans un crâne de bison sont les « ghost dancers ». Le chat est bien entendu le colonisateur, et ses « two balls of fire » sont en réalité des coups de feu mettant fin à la fête. Et on y reconnaît la rivière de Wounded Knee Creek (le mot « creek » étant un synonyme pour « river » en anglais américain.)
Les contes sont au final l’histoire de la tragique rencontre de l’homme blanc et l’indien. Par leurs fins souvent heureuses, ils semblent représenter une lueur d’espoir chez ce peuple à la culture décimée. Malheureusement, un siècle après la retranscription de ces contes, il ne semble pas que leur condition se soit beaucoup améliorée.
Je sais que ce post fait un peu cours magistral, mais cette histoire et ces contes m’ont tellement touchée que je voulais vous en faire profiter si vous ne connaissiez pas déjà. Malheureusement, il me semble que les contes ne sont pas traduits en français. J’ai l’édition anglaise en Pingouin, présentée sous le titre American Indian Stories, Legends and Other Writings, qui contient encore d’autres écrits de type autobiographique.
Je m’arrête d’écrire tout de suite.
26 septembre 2007
Une Renarde et Beigbéder
Les gens, parmi ceux d'entre vous qui ont lu Windows on the World de Frédéric Beigbéder, sur le 11 septembre, combien se souviennent de LA scène de fin? Tous je parie.
Je veux évidemment parler du moment où les tours s'effondrent et où un couple fait furieusement l'amour pour la dernière fois, au vu et au su de tous : une vision de fin du monde.
Rappelez-vous: la description de cette scène est très minutieuse, s'étale sur pas mal de page, et est extrêmement crue. Faite pour choquer et pour marquer les mémoires.
Tout ça pour en venir où? Tenez-vous bien.
CETTE SCENE A DISPARU DE L'EDITION AMERICAINE!
remplacée par un pudique et très bégueule "Et ils s'embrassèrent&quo






