30 mai 2007
Le Journal d'une femme de chambre - Octave Mirbeau
A l’origine fut l’exposition au musée Rodin, présentant les
« Figures d’Eros » (= dessins et aquarelles érotiques) du maître. Les 
jolies étiquettes blanches sous les œuvres indiquaient à quelques reprises
l’influence du « Jardin des Supplices », d’Octave Mirbeau que je ne
connaissais que de réputation. Je suis allée le feuilleter à la boutique du
musée, mais comme je n’étais pas d’humeur à lire dans le détail ces joyeusetés
un peu crades, je n’ai pas acheté le livre. Cependant, j’ai retenu le nom
d’Octave Mirbeau.
Il y a quelques semaines, je suis retombée sur lui sous la
forme d’un « Journal d’une femme de chambre ». Vous ne trouvez pas
qu’il est doué pour pondre des titres un peu racoleurs ? J’ai
feuilleté : pas de trace de torture, de sadisme, de fouets, de sang, d’instruments
coupants, (vous n’entendez pas mes statistiques qui montent ?) tout va
bien. Moi, tant que tout le monde est consentant, en sort vivant et indemne, ça
me va.
Ah si, un truc : on trouve un vieillard fétichiste
au début du livre, mais il ne reste pas très longtemps, et ce n’est pas drôle
(qu’il parte ; qu’il renifle les bottines de ses domestiques au contraire
c’est hilarant). Et puis il y a un viol aussi, et pour le coup ce n’est
vraiment pas drôle.
J’ai trouvé l’écriture très belle pour décrire ces actes de chair (c’est joli « acte de chair », non ?), toute en périphrases, non-dits, suggestions. Du coup, c’est bien un livre sur la sexualité, mais pas érotique, et ça m’a étonnée vu la réputation de ce bouquin. Il m'est apparu un peu vieilli, mais son ambiance un peu rétro m'a séduite. Vraiment l'impression de lire des pages trouvées dans un grenier, un peu jaunies mais dont l'encre ne s'est pas délavée.
Commentaires
Ah, Céline, ce billet est à la fois drôle et bien documenté, j'adore! Le père Mirbeau, je ne le connais que par "Le jardin des supplices" parce qu'un prof de fac pervers l'avait mis au programme (un semestre entier à disserter là-dessus, brrr), je n'ai pas pris l'U.V mais par curiosité, j'avais lu le livre. Inutile de te dire que ma découverte d'Octave s'est arrêtée là...
Je l'ai lu ! Je l'ai lu !!!
Yeah, pour une fois que ça m'arrive !!!! ;-)
Je suis très contente de voir que tu n'as pas trouvé le livre particulièrement choquant ni rien, c'est mon cas aussi alors qu'on en parle comme une oeuvre sulfureuse. Ca a dû vieillir, oui. Par contre, pas vu les films. Sur le sujet valet/maître (j'adore cette thématique), je te conseille l'excellent film "The servant", de... J. Losey, tu connais peut-être ? C'est vieux (enfin, ça a quarante ans, quoi) et c'est vraiment un grand film.
Pour en revenir à mon petit Octave chéri, je l'ai découvert justement grâce à un de ses titres racoleurs : "Les vingt-et-un jours d'un neurasthénique". Génial, non ? Bon, ça a 106 ans, et c'est encore très, très sulfureux. Si tu n'as rien contre le fait d'être bousculée un peu, et si tu supportes l'ironie (enfin, ça, je sais déjà que oui !), il-faut-que-tu-le-lises. Si t'es pas satisfaite, je te rembourse.
(euh...)
Donc moi, perso, je suis partante pour "Le Jardin des supplices" - euh, non, pas pour y aller, hein... juste pour le lire ;-)
Bah ma petite soeur vient de tout dire donc je confirme!!!! :o)))
J'ai adoré "Le journal d'une femme de chambre" d'Octave Mirbeau, qui est un classique de la littérature ... érotique !! C'est très réaliste, le livre a des accents de Zola (naturalisme, le rapport maîtres / domesticités). Tu le décris très bien, j'ai eu l'impression de le relire. C'est dire ...
* Je reviens de vacances de chez nos amis teutons (même si on dirait, NON je ne passe pas ma vie en vacances), et je suis toute contente de voir de gentils commentaires dans ma boite aux lettres!
* Fashion Victim, hum toi aussi ça t'a refroidie "le jardin des supplices" (enfin moi j'ai juste lu quelques pages)... On doit être un peu coincées. ;) Bon le jour où je me sens d'humeur polissone et audacieuse, je me lance dans "le jardin des supplices".
Ton histoire d'UV me fait penser à mon prof d'anglais qui est super vener parce que le jury a décidé de mettre "la bête qui meurt" de P.Roth au programme de Normale Sup. Je ne sais pas si tu l'as lu, mais ya des passages assez gores... Commenter ça devant un jury mâle, laisse tomber. Ahlala
* Lol Aurélie tu m'as fait trop rire! Merci de me signaler le film, je suis à la recherche de bonnes idées cinématographiques...
J'ai pas trouvé le bouquin "sulfureux" oui, c'était bizarre. J'ai trouvé qu'il parle bien de la montée du désir, tout ça, mais ce n'est pas une oeuvre érotique du tout. Enfin je pense, si ça se trouve on n'a rien compris! lol
Et le neurasthénique, je note!
* Merci pour ta contribution ma petite Lamousmé! :D
* Nanne, mais pourquoi c'est une oeuvre érotique... C'est ça que je n'ai pas compris! Super sensuelle oui, mais érotique... Il faudrait peut-être que je revoie ma définition d'érotique...
C'est très bien vu la dimension zolienne (zolienne?)! Je n'y ai pas pensé! J'étais trop à la recherche du sulfureux...
Sinon, comme bonne idée cinématographique, tu as "Le Nouveau monde", de T. Malick, mais je dis ça comme ça, hein... ;o)
Moi aussi, j'aimerais avoir des explications sur le côté érotique de ce roman ! Ca l'était sans doute pour l'époque, oui mais... En fait, Céline, on est des vieilles blasées du sexe (à notre âge !!), alors il nous en faut plus pour nous impressionner... ;-)
Quoi!!! Même les versions cinématographiques sont infidèles?!
* Tu as raison Aurélie, nous sommes les Paris Hilton de la littérature! :D
* Sibylline, tu m'as fait hurler de rire! :D
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=194973&pid=5129006
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :