15 mai 2007
Pauvre Belgique! - Charles Baudelaire
Compte rendu de notre petit voyage au plat pays. Je passe sur le très évident « C’était un truc de ouf ! C’était trop bien ! Même s’il faisait froua et même si Sarkozy a profité de notre départ pour faire son président ! » Venons en à l’essentiel.
On me signale que c’est aussi un
genre de fille pas fréquentable. C’est à n’y rien comprendre.
g.de Bruxelles->
g. de Liège -> 
-
J’ai appris qu’il existait 2000 sortes de bière différentes. Enfin c’est ce que la pub pour un bar disait. Nous ne sommes pas allés vérifier.
-
J’ai pu constater que le jet du Manneken Pis ressemblait étonnamment à ce à quoi c’est censé ressembler. (Vous constaterez que je maîtrise aussi bien toujours l’art de la périphrase). Moi qui pensait que c’était un torrent, comme dans une vraie fontaine qui se respecte. Mais non. C’est juste de la pure provoc.
-
En parlant de provoc, ya des poitrines en chocolat dans toutes les bonnes chocolateries de Bruxelles et Bruges. Il en faut quand même plus pour m’impressioner.
ça, sans la tête et les foulards, en chocolat -> 
-
J’ai été impressionnée par les brugeois (brugeais ? brugellais ?) qui maîtrisaient le néerlandais ET le français ET l’anglais.
Tout ça pour vous dire que je trouve que Baudelaire exagère un tantinet quand il parle de la Belgique dans son pamphlet impitoyable contre un peuple entier : « Pauvre Belgique ! », débuté en juin 1864. (Notez l’emphase du point d’exclamation.) Tout y passe : les mœurs, les arts (car l’explosion artistique des lettres et de l’art belges se feront à la fin du XIXè) , la politique, la religion.
Voilà comment ça commence :
« Qu’il faut, quoi que dise Danton, toujours « emporter sa
patrie à la semelle de ses souliers.
La France a l’air
barbare, vue de près. Mais allez en Belgique et vous deviendrez moins sévère
pour votre pays.
Comme Joubert
remerciait Dieu de l’avoir fait homme, et non femme, vous le remercierez de
vous avoir fait, non pas Belge, mais Français.
Grand mérite à faire
un livre sur la Belgique. Il s’agit d’être amusant en parlant de l’ennui,
instructif en parlant du rien. »
A ce propos, saviez vous que le dernier mot qu’il était
capable de prononcer et qu’il répétait constamment était
« Crénom !» ? Fin tragique pour le plus grand poète des lettres
françaises.
« Le visage
belge, ou plutôt bruxellois.
Chaos.
Informe, difforme, rêche, lourd, dur, non fini, taillé au couteau.
Dentition angulaire.
Bouche non faite pour
le sourire.
Le rire existe, il est
vrai, mais inepte, énorme, à propos de bottes. »
C’est assez hallucinant. Il s’acharne sur leur accent, leur
maîtrise relative du français, leur saleté, leur bêtise, leur démarche, leur
volonté d’imiter la France et les Français (« Ils aimeraient bien avoir
l’air, mais n’ont pas l’air du tout ! » dixit Brel). Je vous passe
les détails, je ne voudrais pas choquer mes lecteurs belges. (car j’ai un
lectorat international héhé)
Si un détail quand même : j’ai été très frappée par la
dimension scatologique des notes. Il compare la Senne à une immense latrine, la
Belgique à « un bâton de merde », il commente les habitudes
latrinesques des Belges.
En revanche, il est très admiratif de l’architecture et de la sculpture. C’est étonnant de voir ces louanges au milieu d’insultes.
"Les Belges et la Lune"
On n'a jamais connu de race si baroque
Que ces Belges. Devant le joli, le charmant,
Ils roulent de gros yeux et grognent sourdement.
Tout ce qui réjouit nos coeurs mortels les choque.
Dites un mot plaisant, et leur oeil devient gris
Et terne comme l'oeil d'un poisson qu'on fait frire;
Une histoire touchante, ils éclatent de rire,
Pour faire voir qu'ils ont parfaitement compris.
Comme l'esprit, ils ont en horreur les lumières;
Parfois, sous la clarté calme du firmament,
J'en ai vu, qui rongés d'un bizarre tourment,
Dans l'horreur de la fange et du vomissement,
Et gorgés jusqu'aux dents de genièvre et de bières,
Aboyaient à la Lune, assis sur leurs derrières.
D'accord, ce n'est pas du Baudelaire dans toute sa splendeur. Mais cette drôlerie mordante, cette verve, cette satire... Baudelaire reste Baudelaire.
Pourquoi tant de haine ? En partant pour la Belgique,
il espérait faire publier ses œuvres complètes et se faire un peu d’argent (il
a vécu dans la misère presque toute sa vie) en intervenant dans des
conférences. Bien sûr il s’est fait jeter par les éditeurs, et les conférences
furent très mal payées. Disons qu’il semble avoir, au seuil de son existence,
reporté sur la Belgique toute sa colère, son amertume et sa frustration, sa
rancune envers son pays et son siècle. Même s'il devait y avoir du vrai, « Pauvre Belgique » apparaît comme un délire ultime.
Commentaires
Eh ben mâme Céline, on est rentrée an pleine forme, je vois! De l'humour, de l'émotion, du sexe, du chocolat, rien ne manque à ce billet plein de saveurs... Je suis comme toi pour les gaufres et je n'aime pas vraiment Bruxelles. Je préfère Anvers, parce que là-bas, manifestement, je suis une star... (et surtout la seul rouquine de 1 m 62 à se balader dans les rues)!
J'avais déjà très envie d'y aller et ce billet ne fait que me le confirmer!!! Bon retour au fait!! ;o)
Ah, Céline ! Tu es inimitable. J'adore tes billets, et celui-ci, ahlala, j'ai envie de le commenter toutes les deux lignes.
(au fait, ce sont des Brugeois)
Et je REVE de voir cet ascenseur grand comme un salon !!! (oui, le musée en lui-même, je m'en moque, seul l'ascenseur me tente ;-)) )
Parenthèse : je devrais "normalement" aller en Belgique d'ici la fin de l'année. Dit comme ça, ça n'a pas forcément l'air gigantesque, mais prions, de toutes nos forces, pour que ça soit possible. Fin de la parenthèse.
Tout ce que tu dis sur Baudelaire est très intéressant, je ne connaissais pas du tout cette oeuvre et cette rancoeur envers les Belges. Très étonnant, mais encore une fois, tu en parles avec justesse, ton dernier paragraphe est très pertinent. En plus, on est d'accord, Charlie est le plus grand des poètes.
J'aime beaucoup-beaucoup cette phrase-là :
"Comme Joubert remerciait Dieu de l’avoir fait homme, et non femme, vous le remercierez de vous avoir fait, non pas Belge, mais Français."
Si j'ai bien compris, les femmes Belges cumulent les défauts ;-))
Puis maintenant, j'ai envie d'une gauffre. De Liège, parce que sa photo est bien plus alléchante que l'autre.
Et comme l'a dit Lamousmé, welcome back !
Il faut que j'arrête les longs commentaires, je vais finir par me faire virer de ce blog !
En attendant, on voit toujours pas les photos de l'article précédent...
Baudelaire plus grand des poètes? et Rimbaud il compte pour du beurre??? Il a quand même réinventer la poésie et inspirer tout le XXe siècle... Désolé pour mon irrépressible besoin de polémiques... Au moins ça boostera tes commentaires
Il n'y a pas de plus grand poète, il y a de très grands poètes... Je ne vois franchement pas comment on peut les classer... (et hop, désamorçage de polémique:))
* bon voilà les gens, j'ai réglé le problèe du post précédent, et je pense que vous serez déçus en voyant qu'il n'y avait qu'une vidéo, et pas de photos... C'est la dernière fois que j'essaie d'évoluer technologiquement sur ce blog. J'entre en résistance contre les forces aliénantes de Canalblog! Foooorzzaaaaaa!!!
* Fashion Victim, décidémment, que de points communs! Sauf que si je ne ressemble pas du tout aux flamandes, je suis aussi tout le contraire d'une certaine Rose... On n'est pas allé à Anvers, c'est bien?
* Merci Lamousmé! Franchement vas-y, c'était tréééééés agréable, trés beau. Pas très cher si on s'y prend bien (comme moi, héhé). Tu me tiens au courant!
* Aurélie, continue à m'écrire des pavés, j'adore quand j'ai de la lecture, surtout quand c'est toi! ;) Morte de rire sur le coup des femmes belges... Tu dois aller en Belgique? Où?
Au fait c'est normal que celles de liège soient moins jolies que celles de bruxelles... hinhinhin. Si ce n'est pas de la manipulation d'information ça...
* Tu vois Lilly, le problème est réglé! Et toujours pas de photo...
* Mon petit Gabriel, je ne voulais pas te le dire hier soir parce que j'adore m'engueuler avec toi, mais oui, Fashion Victim a raison... Mais si tu veux polémiquer, voilà un joli sujet: Les Beatles en foooorce!!! A mort les jeunots!!! ;)
* Fashion Victim, tu es la voix de la sagesse.
Anvers (et contre tout, oups) est une superbe ville, j'y suis allée plusieurs fois (je vis avec un passionné d'art qui m'a fait faire le tour des villes européennes à musée) et j'en garde un très bon souvenir et les gens sont très sympas. et je suis effectivement la voix de la sagesse :)))
Mmhhhh la bière belge, miam les gaufres de Liège. J'adhère tout à fait! Il me reste Bruges à découvrir mais quels beaux souvenirs je garde des quelques jours passés en Belgique!
Hé, j'ai trouvé un truc pour faire rire Gabriel : j'ai jamais lu Rimbaud. Ahah, c'est super drôle... Hum. Non mais un jour, je serai cultivée. (ou pas !)
(je crois que j'aurais dû me taire, non ?)
Céline, c'est trèèès facile d'inclure une vidéo sur un blog, sans que des faux cadres de photos inexistantes apparaissent - je vais t'apprendre. Et tu domineras Canalblog, foi de moi ! Si j'y arrive, c'est que c'est à la portée de tout le monde, vraiment.
Je ne dirai rien sur mon possible voyage belge, par superstition. Ok, je ne suis pas supertitieuse du tout, mais faisons semblant, d'accord ?
J'ai écrit "gaufre" avec deux "f" dans mon commentaire précédent, j'espère que personne ne s'en rendra compte. Zut ! Non seulement j'ai pas de culture, mais en plus je ne sais pas écrire !
J'arrête là, mon commentaire m'effraie ;-))
Malgré le désamorçage de polémique en règle (pffff, vous n'êtes pas drôle...), j'ai décidé de réitérer mes accusations car, après tout, ce billet sur Baudelaire se termine bien par ces mots : "du plus grand des poètes". Donc aussi estimable qu'est la volonté de ne pas polémiquer de Fashion Victim, aussi hypocrite est la posture de Céline qui se rallie à l'avis de Fashion Victim après avoir écrit le contraire! Mlle Céline Kouchner, soit vous êtes inconséquente, soit vous avancez masquée. Dans les deux cas, votre posture n'est qu'imposture... (si là la polémique ne prend pas, je m'exile sur guernesey).
Chez le deuxième plus grand poète ? :))))
Byen bye, Gabriel! :)
Au fait, tu ne nous as pas dit: Qu'as tu rapporté comme souvenirs?
De la dentelle?
* Fashion victim, ok je note Anvers! Mr Fashion victim t'a fait faire le tour des villes européennes à musées? Paaaaaas biennnn......
* Bonjour Chiffonnette! Bienvenue chez moi! Je vois qu'on a des points communs...
* Aurélie, on est toujours l'inculte de quelqu'un d'autre! Te rappelles tu de cette discussion sur ton ancien blog? Donc ne dis pas "un jour je serai cultivée"!
Et puis je suis sûre que Gabriel n'a pas lu Walt Whitman! (si Gabriel? Je te sous-estime très cher ami? ^^)
Je crois que je commence à gérer Canalblog, j'ai même ajouté une vidéo chez Steinbeck! Mais merci de ton aide, je crois que je la solliciterai tres bientôt pour changer ma bannière!
* Ah bon Gabriel? Il y a toujours écrit "le plus grand des poètes"? Bizarre bizarre je jurerais l'avoir enlevé! Vous le voyez vous autre? Non n'est-ce pas? ;)
Donc va à Guernesey si tu as envie de humer l'air hugolien, mais surtout reviens, et ramène moi du lemon curd et des cookies!
* Comme souvenir, j'ai ramené de très belles photos ainsi que "L'Anthologie de l'humour noir" de Breton, déniché dans une boutique de livres d'occaz... Et c'est tout! Même pas de chocolats ou de la dentelle, j'étais à sec!
Quelle verve!
Céline bonjour.
Je suis un illustre inconnu qui au détour de quelques clics a laissé vagabonder son attention jusqu'à ce blog, ou site, ou bien?
Je ne sais pas qui tu es, d'ou tu viens, ni ce que tu veux faire dans la vie. En tous cas, j'ai aimé tes écrits sur la Belgique, c'est bien écrit, drôle, sensé...
Bravo.
C'est tout.
Loïc.
A Bruges, j'étais montée en haut du beffroi. Ca casse les jambes.
J'étais allée voir la goutte de sang miraculeux qui se coagule, ou dé-coagule je ne sais plus, mais elle ne miracule qu'à certaines heures et nos planings ne concordaient pas.
J'avais mangé des moules, mais je les avais trouvées comme les nôtres.
j'avais traîné dans les "couvents" (?) le nom m'échappe. C'était très sympa et dans les musées (j'adore la peinture flamande) et sur les canaux, très cool aussi.
J'avais rapporté de la dentelle. Je rapporte toujours des souvenirs, mes "prises de guerre". Les souvenirs, c'est le plus beau moment des voyages. :-))
A Bruges, j'étais montée en haut du beffroi. Ca casse les jambes.
J'étais allée voir la goutte de sang miraculeux qui se coagule, ou dé-coagule je ne sais plus, mais elle ne miracule qu'à certaines heures et nos planings ne concordaient pas.
J'avais mangé des moules, mais je les avais trouvées comme les nôtres.
j'avais traîné dans les "couvents" (?) le nom m'échappe. C'était très sympa et dans les musées (j'adore la peinture flamande) et sur les canaux, très cool aussi.
J'avais rapporté de la dentelle. Je rapporte toujours des souvenirs, mes "prises de guerre". Les souvenirs, c'est le plus beau moment des voyages. :-))
Tiens!!!??? Je peux vous assurer que je ne suis pas venue poster 2 fois le même message à 1/2 h d'intervalle. Encore un coup du fantôme de la bibliothèque ;-))
* Bienvenue Loïc sur mon BLOG! (déjà un blog j'ai du mal à gérer, alors un site... Ca c'est le niveau au-dessus!)
Merci pour ton gentil mot! :)
* Sibylline: pas de beffroi mais jambes quand même mortes! On marchait toute la journée!
Goutte de sang miraculeuse? Va falloir qu'on m'explique... Tu m'as bien fait rire avec ton histoire d'emplois du temps...
Les couvents... Ca doit être le Béguinage! Baudelaire en parle un peu, c'est drôle de lire ses impressions...
Moi je ne suis pas très "souvenirs". Au départ, je voulais me ramener une paire de boucles d'oreilles à chaque voyage, mais comme j'aime un genre bien particulier, ce n'est pas souvent représentatif de la culture locale...
C'est marrant, tes messages s'affichent toujours en deux fois, oui! EN général j'efface le second assez vite, mais là j'ai un peu tardé... Il y a bien un fantôme de renard dans ma bibliothèque...
Dis moi, Céline, cette Pauvre Belgique, c'est dans le tome 1 ou dans le tome 2 du Baudelaire de la Pléiade?
;-)) (C'est pour la photo de couverture)
* c'est le tome 2! ouah, tu es très consciencieuse! tu m'impressiones! :)
" c'est le tome 2!"
Et zut! J'en étais sûre.:-(
Je corrigerai demain.
* Ce n'est pas si grave je pense tu sais...
T'imagines même pas la perfectionniste que je suis...
T'imagines même pas la perfectionniste que je suis...
Un passant
Ah ! Bonjour !
Je... euh, excusez-moi, je suis tombé ici par hasard, je cherchais... M. Baudelaire. Enchanté. J'ai bien aimé cette page. Au fait, Baudelaire n'aime pas toute l'architecture Belge, il trouve qu'elle ressemble souvent à des maisons de poupée ou à des gâteaux... Mais il aime les église baroques, les églises jésuites... A vrai dire, ce ne sont pas vraiment des églises belges mais presque des églises d'exportation.
Ouf, la mauvaise foi est sauve !
* Bienvenue Auguste_Vertu! Enchantée également! J'ai beaucoup aimé votre commentaire qui m'a fait sourire! Merci pour votre précision au sujet des gouts de Baudelaire en matière d'architecture!
Ah !
Belle âme en plus...
Sur la toile, il n'y a donc pas que des araignées ou des mouches momifiées...
* Auguste_Vertu, vous continuez à me faire sourire! Votre vision de la toile est très poétique bien que noire. J'aime!
rimes
Bonjour, je tombe sur votre blog par des liens dont internet a le secret. En fait je cherchais quels étaient les deux mots de la langue française qui ne possédaient pas de rime, Wikipédia me renseigne, et il se trouve que ce sont les mots: pauvre et belge!
Voilà comment je suis ensuite arrivé sur votre blog! Alors qu'un poète comme Baudelaire ait écrit un texte intitulé " Pauvre Belgique", c'est peut-être aussi avec une connotation à double sens, pauvre et belge pouvant être les mots haïs des poètes qui cherchent les rimes. Une explication possible ajoutée à un ressenti peut-être véritable de la part du très grand poète.
* J'adore cette histoire Olivier! Et j'adore cette hypothèse au niveau des rimes, je trouve ça fascinant!
contexte
Finalement je me prends au jeu de participer aux discussions d'un blog. Il est vrai que le sujet m'intéresse, et Baudelaire je suis fan. Je crois qu'il faut resituer ce texte sur la Belgique dans le contexte d'une époque révolue. En effet, à l'époque de Baudelaire, Paris brille de mille feux d'une aura particulière, on peut dire même qu'elle est la capitale mondiale de la culture, à ce moment là tous les génies d'Europe s'y retrouvent, une époque où se cotoient des gens comme Liszt, Wagner, Balzac, Hugo, Dumas, Gautier, Rossini, Verdi,Donizetti, Puccini, Delacroix,Rodin, G.Sand, Nerval, Nadar, Courbet, Manet et j'en passe et j'en passe...c'est sûr que pour eux le monde s'arrêtait à la porte Champerret! Alors la Belgique.... pour eux cela devait être plouc de chez plouc. Mais depuis les temps ont changé et Baudelaire n'aurait certainement pas le même regard aussi critique aujourd'hui. Bravo en tout cas Céline pour ton blog, tu vois je te tutoie déjà! et j'espère que nous aurons encore l'occasion de papoter sur tous les sujets qui nous passionnent. En attendant, Je te souhaite une bonne et excellente année 2008!
* Olivier, ta description du Paris du XIXe me fait totalement rever...
Ca me fait penser a cet article publie je ne sais plus ou (le Times je crois), proclamant la mort de la culture francaise. Un peu dur je trouve, et je ne sais pas quoi en penser.
Je te souhaite mes meilleurs voeux egalement, et j'espere que tu reviendras par ici! :)
culture française
Oui Céline j'ai entendu parlé de cet article du Times, j'ai pu en lire quelques extraits et compte rendus sur le net. Je trouve cela affligeant venant de la part d'un pays qui ne brille pas spécialement pour sa culture, surtout en ce moment. Je ne dis pas que les States n'ont pas de culture, mais que doit-on penser de ce qu'ils nous proposent? Ne confondent-ils pas culture et divertissement? Et enfin, est-ce qu'une culture a vraiment besoin de rayonner à l'étranger pour exister? Comme si c'était la fonction première de la culture que de s'exporter comme n'importe quel autre produit. Personnellement je trouve que la culture française ne se porte pas si mal de nos jours même si elle n'a pas l'éclat qu'elle avait autrefois, sans remonter très loin dans le temps du reste, il y a un peu plus de quarante ans avec la Nouvelle Vague, la france était vraiment à l'avant-garde du cinéma. Mais si la culture française a diminué d'intensité, on peut en dire tout autant du reste du monde, enfin c'est mon point de vue, je ne vois pas non plus de culture émergeante et très créative de l'autre côté de l'Atlantique, ni dans les autres pays d'Europe, ni dans le reste du monde. N'avons-nous pas assez de recul encore pour en juger? Peut-être...difficile de trancher. En tout cas nous n'avons pas en France à rougir de ce que nous sommes, et je préfère mille fois notre "Amélie Poulain nationale" que n'importe quel film souvent ultra violent,si manichéen et si simpliste que nous vomit à longueur d'année les studios d'Hollywood. Et quand ils ne font pas dans le violent et le déferlement d'hémoglobine, ils nous servent à la louche du sentiment mièvre, de la guimauve, avec leurs comédies nunuches. A part Woody Allen bien entendu, qui seul sort du lot. Tu l'auras compris, je ne suis pas tendre avec les américains en ce moment, je ne suis pas le seul d'ailleurs à ressentir ça, et pour tout un tas de raisons. Alors si en plus, ils en rajoutent en critiquant notre soi-disante absence de culture, alors là c'est un comble! Et toi, quel est ton sentiment sur le sujet?
culture française
Oui Céline j'ai entendu parler de cet article du Times, j'ai pu en lire quelques extraits et compte rendus sur le net. Je trouve cela affligeant venant de la part d'un pays qui ne brille pas spécialement pour sa culture, surtout en ce moment. Je ne dis pas que les States n'ont pas de culture, mais que doit-on penser de ce qu'ils nous proposent? Ne confondent-ils pas culture et divertissement? Et enfin, est-ce qu'une culture a vraiment besoin de rayonner à l'étranger pour exister? Comme si c'était la fonction première de la culture que de s'exporter comme n'importe quel autre produit. Personnellement je trouve que la culture française ne se porte pas si mal de nos jours même si elle n'a pas l'éclat qu'elle avait autrefois, sans remonter très loin dans le temps du reste, il y a un peu plus de quarante ans avec la Nouvelle Vague, la france était vraiment à l'avant-garde du cinéma. Mais si la culture française a diminué d'intensité, on peut en dire tout autant du reste du monde, enfin c'est mon point de vue, je ne vois pas non plus de culture émergeante et très créative de l'autre côté de l'Atlantique, ni dans les autres pays d'Europe, ni dans le reste du monde. N'avons-nous pas assez de recul encore pour en juger? Peut-être...difficile de trancher. En tout cas nous n'avons pas en France à rougir de ce que nous sommes, et je préfère mille fois notre "Amélie Poulain nationale" que n'importe quel film souvent ultra violent,si manichéen et si simpliste que nous vomit à longueur d'année les studios d'Hollywood. Et quand ils ne font pas dans le violent et le déferlement d'hémoglobine, ils nous servent à la louche du sentiment mièvre, de la guimauve, avec leurs comédies nunuches. A part Woody Allen bien entendu, qui seul sort du lot. Tu l'auras compris, je ne suis pas tendre avec les américains en ce moment, je ne suis pas le seul d'ailleurs à ressentir ça, et pour tout un tas de raisons. Alors si en plus, ils en rajoutent en critiquant notre soi-disante absence de culture, alors là c'est un comble! Et toi, quel est ton sentiment sur le sujet?
* Je ne sais pas si mon avis vaut quelque chose puisque je suis plus au fait de la littérature (cinéma, musique etc) classique et moderne plutôt que contemporaine, mais je pense que certes la France n'a plus son aura d'antan et que dans ce sens seulement elle est "décevante". Cependant, comme tu dis, elle ne se porte ni mieux, ni pis que d'autres cultures. Pensons au cinéma italien par exemple: totalement inexistant pendant les années Berlusconi, alors qu'avant... Pourquoi est-ce que l'on n'attend plus de la France que d'autres pays? Je ne sais pas bien. Parce que d'accord la France a un passé prestigieux, mais c'est le cas de plein d'autres pays.
Je pense aussi que la France s'attache à faire des productions moins commerciales. J'ai lu un article récemment sur le marché de l'art contemporain récemment (dans Télérama je crois)(oui je sais, je suis le cliché de l'intello) qui expliquait que quand l'Allemagne et les Etats-Unis promeuvent les oeuvres dont ils sont sûrs qu'elles vont marcher, la France préfère prendre plus de risques et favoriser les quasi inconnus. C'est notre côté snob. L'article va jusqu'à dire que c'est même parce que ces oeuvres ne sont pas commerciales que la France en fait la promotion. Je pense que c'est le cas dans le domaine des autres arts aussi. "L'exception culturelle" poussée jusqu'au vice!
Et je pense que tu as tout à fait raison: ce n'est pas parce qu'une culture ne s'exporte pas massivement à l'étranger qu'elle n'existe pas. Par exemple, mon copain qui vit actuellement en Allemagne me parle d'énormément de films allemands qui ont l'air très intéressants, mais dont on n'entend pas parler à l'étranger. Il faut aussi avoir les moyens (financiers) de s'exporter. J'ai appris par exemple que la plupart des cinémas en France sont équipés d'un moyen spécial pour lire les films, seulement il faut que les films en question soient sous une certaine forme. (je sais, je suis très vague, mais je fais l'autruche quand il y a des termes techniques) Et cela a un cout que les plus petites productions ne peuvent pas assurer. Du coup, on favorise les blockbusters américains au lieu des films plus confidentiels. On ne s'aide pas quoi.
Je pense que tu es très sévère à ton tour sur la culture américaine. Que penses tu de l'émergence du cinéma indépendant? Et chez les écrivains, on a tout de même Toni Morrison, Philip Roth, Tim O'Brien, Joyce Carol Oates, Don DeLillo, Paul Auster, Cormac McCarthy, Tom Wolfe, Amy Tan, Norman Mailer... dont le moins qu'on puisse dire est qu'ils ont une oeuvre de qualité! Mais le problème du coup, c'est que les maisons américains ne se sentent pas poussés à éditer des productions étrangères... ils ont tellement d'oeuvres sous le coude que les autres "peuvent attendre"... ou c'est du moins ce que l'on m'a expliqué ici à Boston. Et puis les productions françaises ne sont pas forcément au gout des américains. S'ils ne donnent pas leur aval, c'est un peu mort pour l'exportation à l'étranger.
Et je pense aussi qu'on est dans une ambiance un peu francophobe en ce moment. Enfin je dis ça parce qu'il n'y a pas longtemps, je suis entrée dans un Barnes & Nobles (l'équivalent de la Fnac), et qu'est-ce que je vois sur le présentoir de l'entrée? "100 reasons to hate the French" avec plein de copains livres sur le même sujet autour. Bon, Stephen Clarke m'a fait rire avec ses "year in the merde" et "talk to the snail". Mais à la longue, ça devient lourd.
Bref, on a énormément parlé de cet article en France. Le problème, c'est que souvent les journalistes français n'en citent pas la fin qui est très élogieuse à l'égard de notre culture et de la façon dont elle intègre les cultures étrangères. Je pense que Donald Morrison a d'abord voulu exposer l'opinion commune au sujet de la culture française, avant de la renverser en partie pour exprimer la sienne.
Ce n'est pas étonnant que les journalistes français ne s'y soient pas attardés: comme tout le monde le sait, on adore raler! :D
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