15 février 2008
Six révélations de folie sur moi (ou pas)
Praline, Rose et Lamousmé me mettent dans une situation quelque peu embarrassante. Voilà, elles me demandent de révéler six éléments insignifiants sur ma personne. Seulement, la vie d'une Renarde ne connait point le banal. Si le glamour, la passion et la quête de l'absolu se sont jamais conjugués dans une existence, c'est bien la sienne.
Même s'il faut avouer que parfois les sus-nommés se font la malle. A vous de juger.
- En automne, il m'arrive de faire un petit détour pour marcher sur une petite feuille rousse qui m'a l'air bien croustillante... et l'entendre craquer sous mes pieds, ce n'est que du bonheur. Mais j'ai plein d'autres tics quand je marche: je détermine un nombre de pas précis par dalle, je décide de ne poser le pied que sur un pavé à la fois, ou alors j'entreprends de marcher sur le bord du trottoir, vous savez, la partie limitée par une bande.
- Au petit déjeuner, je me régale d'un bol de flocon d'avoine bouilli dans du lait (qui a dit berk?), auquel j'ajoute un filet de sirop d'érable, le tout accompagné d'un demi litre de thé noir. En revanche, les viennoiseries, les brioches, les crêpes, les gaufres, les gâteaux me soulèvent le coeur le matin, ce qui n'est pas très logique. Vous voyez Audrey Hepburn devant le Tiffany's au petit matin, avec sa robe Givenchy, ses lunettes et son croissant? Ben ce n'est pas moi.
- Quand quelqu'un me hurle dessus, je ne peux pas m'empêcher de l'imaginer en Donald Duck. Je vois la personne avec un béret, une vareuse, de petites plumes, et je l'entends faire "coincoincoin". Crédibilité zéro. Et c'est comme ça que je finis par trouver les gens odieux craquants.
- Quand je veux découvrir un klassique, livre ou film, je déteste qu'on me révèle quoi que ce soit. "On", ça peut être une personne, une intro qui fait du zèle, une quatrième de couverture un peu trop bavarde, une jaquette de dévédé, une critique de Télérama. J'aime être surprise! (Bien évidemment, ce n'est pas la même chose pour ce qui concerne vos blogs, car vous filtrez l'information.)
- Un nouveau verbe est entré dans le jargon de mon université à Boston: "to céline" (verbe régulier). Cela signifie tout bonnement "s'endormir à la bibliothèque". Il faut savoir que je suis une véritable marmotte et adepte des siestes l'après-midi. Cette quantité appréciable de sommeil donne souvent lieu à des rêves (très) bizarres que je m'amuse à interpréter depuis que j'ai découvert Freud cette année. J'apprends des choses que je ne veux pas savoir.
- Depuis hier je me repasse en boucle ces deux chansons, des reprises d'Aragon par Ferrat. Je trouve ça juste complètement hallucinant.
Voilà, je passe le relais à six autres personnes "qu'ont un blog" que je vais m'empresser de prévenir sur leurs blogs respectifs (tel que le veut la Chaine): Erzébeth, Lilly, Nanne (toujours vivante! Alleluia!), Pauline... et je triche: ceux de mes lecteurs qui voudront bien se prêter au jeu!
02 février 2008
Index des renardises
B.
Baldwin James - Giovanni's room
Barbey d'Aurevilly - Une Vieille maitresse
Baricco Alessandro - Soie
Bataille George - Ma Mère
Baudelaire Charles - Pauvre Belgique!
Brontë Emily
- Les Hauts de Hurlevent (Wuthering Heights)
Buck Pearl
- La Mère (The Mother)
C.
Capote
Truman - Petit Déjeuner chez Tiffany (Breakfast at Tiffany's)
Chesnutt Charles - The Conjure Woman
Claudel Paul - Le Soulier de Satin
Cohen Albert - Belle du Seigneur
Le Livre de ma mère
Mangeclous
Collins Wilkie - La Dame en Blanc (The Woman in White)
Conrad Joseph - Au coeur des ténèbres
Crick Mark - La Soupe de Kafka (Kafka's Soup)
Cunningham
Michael - Les Heures (The Hours)
E.
Eco Umberto - Histoire de la Beauté / Histoire de la Laideur
F.
Faulkner William - The Bear
G.
Gavalda Anna - Ensemble c'est tout
Gilman
Charlotte Perkins - The Yellow Wallpaper
Green Julien - Adrienne Mesurat
H.
Hesse Herman - Siddharta
Hugo Victor - L'Homme qui rit
L.
Léry (de) Jean - Histoire d'un voyage faict en la terre du
Brésil
Louÿs Pierre - Les chansons de Bilitis
M.
Mc Cullough Colleen - Les Oiseaux se cachent pour mourir
(The Thorn Birds)
Melville
Herman - Moby Dick
Mirbeau Octave - Le Journal d'une femme de chambre
Molière / Mozart - Dom Juan / Don Giovanni
Moravia Alberto - Le Mépris (Il Disprezzo)
P.
Pamuk Orhan - Mon Nom est rouge
Poe Edgar Allan - Poèmes (Poems)
Q.
Queneau Raymond - Chêne et ChienRosa Don -
La Jeunesse de Picsou (The Life and Times of Scrooge Mc Duck)
R.
Rowling J.K - Harry Potter 6
Harry Potter 7
Roy Arundhati - Le Dieu des petits riens (The God of Small
Things)
S.
Sade - La Philosophie dans le boudoir
Schneider Michel - Marilyn, la dernière séance
Sorel Edward - Vies Littéraires
Spiegelman Art - Maus
Stein Gertrude - L'autobiographie d'Alice B.Toklas
Steinbeck John - Les Raisins de la colère (The Grapes of
Wrath)
Stendhal - La Chartreuse de Parme
Styron William - Le Choix de Sophie (Sophie's choice)
T.
Taylor Kressman - Inconnu à cette adresse (Address Unknown)
Tolstoi Leon - La Mort d'Ivan Ilych
U.
Uderzo - Astérix et la rentrée gauloise
V.
Varejka Pascal - Singularités de l'éléphant d'Europe
W.
Wharton
Edith - Les Beaux mariages (The Custom of the Country)
Ethan Frome
Chez les heureux du monde (The House of Mirth)
Woolf Virginia - Mrs Dalloway
Z.
Zitkala-Sa
- Old Indian Legends
Chez les heureux du monde (The House of Mirth) - Edith Wharton
Tout le monde se rappelle d’Undine, la tête-à-claques notoire des Beaux Mariages. Tout le monde se rappelle de son but dans la vie qui est, je vous écoute…
SE TROUVER UN MARI
Bien. Mais encore ?
AVOIR DES $$$
C’est très bien, je vois que tout le monde suit. Et quel effet m’avait fait cette héroïne ? Elle était… ? Elle était… ?
COMPLETEMENT FLIPPANTE
Trrrrrrrès bien. Nous allons poursuivre notre étude de l’héroine whartonienne si vous voulez bien.
Undine Spragg et Lily Bart, même combat : nous sommes
toujours dans les hauts cercles new-yorkais au tournant du siècle, nous sommes
toujours au sommet de notre gloire et de notre beauté.
Pour compliquer un peu les choses, sinon ce n’est pas drôle,
nous sommes fauchées, ce qui ne nous empêche pas d’avoir des goûts de luxe.
Notre mission : trouver un mari avec beaucoup d’argent.
Et si on a l’embarras du choix, on se met aux enchères.
- être considérée vieille fille (brrrr)
- être qualifiée de traînée (pouah !)
Edith Wharton sait de quoi elle parle, elle en a fait les frais.
Car seul le mariage peut permettre à la femme d’être libre de ses actes
et mouvements. Il s’agit d’un marché : la femme sert de vitrine à la
fortune de son époux avec ses bijoux, ses robes, ses dîners. Le couple n’est
rien moins qu’une association, un moyen pour l’un comme pour l’autre de
progresser dans leur carrière sociale. Bref, pour que l’homme ait accès à la 5è
Avenue, il faut que sa femme ait accès à Wall Street. La réciproque est vraie.
Lily Bart y arrive. On a ainsi de belles descriptions de robes,
de soirées, de voyages, de dîners. Mais elle a de plus en plus de mal. La seule
différence entre elle et les pauvres, c’est que chez elle ça ne se voit
pas.
Mais il y a toujours ce problème de faire carrière.
Et en même temps, j’aurais tué pour porter son petit drapé
crème de la soirée des tableaux vivants.
La haute société est réellement fascinante : bien que l’on en connaisse les dessous, l’on ne peut se garder d’être ébloui par son glamour. Serait-ce la pure apparence qui nous séduit tant ? Ou alors serait-ce la cruauté de cette beauté.
Un des personnages fait la remarque suivante au début du roman : de nombreux sacrifices ont du être exigés pour dessiner le personne de Lily Bart. On peut y voir le sacrifice de l’héroïne elle-même, mais pas seulement. Le Prince Heureux d’Oscar Wilde n’est pas qu’un conte.