16 novembre 2007
Ethan Frome - Edith Wharton
Depuis que je suis arrivée à Boston, on n’arrête pas de me
répéter que je vais pleurer ma mère en hiver, tellement il fait froid.
Que j’aurai plusieurs fois la tentation d’appeler un taxi
pour aller en cours (en courant le trajet me prend cinq minutes), et qu’il est
très probable que j’y céderai au moins une fois.
Que mes cheveux vont se transformer en stalactites et qu’ils
se briseront en deux sous l’effet du froid si je ne fais pas attention.
Que oui, investir 300$ dans un manteau d’hiver est tout à fait
raisonnable et à envisager sérieusement.
L’hiver ne donne vraiment pas de bonnes idées à Ethan Frome. Toutes ses actions, irréversibles, sont regrettables et il finit par les payer très cher. Au début du livre, il est présenté comme un homme détruit et le reste du roman revient en arrière pour raconter comment il en est arrivé à devenir ce débris humain.
Vous êtes prévenus : tout se passe mal, le début est terrible, la suite est pire encore, et je ne vous parle pas de la fin qui forcément est tragique. Et non, je ne spoilie rien du tout !
La princesse/bonne fée est là.
Le bon bûcheron rustre au grand cœur aussi.
La sorcière malveillante avec son chat : présente.
La chaumière isolée du reste du monde (genre la
« petite maison dans la prairie ») est là aussi.
Du coup, avec toute cette neige et les aventures de nos
héros, on se retrouve dans une atmosphère que j’ai trouvée presque magique.
On a celui de l’homme
pauvre opprimé par sa femme et ses obligations sociales et paf ! on a un
discours sur la pauvreté qui crée un système aliénant de dépendance.
Mais on peut aussi voir celui de l’épouse malade aigrie qui
voit son mari lui échapper, et paf ! discours sur le mal-être féminin.
Sans oublier celui de la jeune fille soumise à la tyrannie
de sa patronne-cousine, et boum ! critique des conditions de vie des
jeunes filles, contraintes de se trouver un mari ou d’accepter des boulots
minables pour pouvoir survivre.
Ou alors, collez-vous à un radiateur.
14 novembre 2007
Swap thé et littérature
Le swap Thé et littérature organisé par Célia, voilà quelque chose qui me tentait bien...
Déjà, il y a "littérature" dedans, ce qui présage qu'en soi, ça ne peut être mauvais. Et puis il y a "thé"...
Le cliché de la lectrice asociale enfoncée dans un fauteuil en pyjama, se shootant des litres de thé, c'est tout moi (et je ne suis pas la seule, vu le succès du swap en question).
Le thé, c'est mon petit snobisme, avec les écharpes, les parfums, mes goûts littéraires; c'est mon petit côté Arielle Dombasle lady anglaise. Aussi quelle ne fut ma tristesse lorsque je fus contrainte à abandonner mes thés en France! (par peur qu'on ne m'arrête à la douane américaine pour trafic d'herbe) Tristesse accrue par la fermeture des inscriptions pour le swap pile au moment où je me suis pointée chez Célia... A cela s'ajoutait le fait que le bon thé ici coute une fortune...
Telle une âme en peine, j'errais dans le campus, rêvant aux thés aimés, perdus hélas mais aimés d'autant plus.
(j'exagère à peine)
Puis telle mon bon ange m'apparut Aurzébeth, sous la forme d'une écriture fine, d'un livre, de deux sucettes à la violette et d'un sachet de thé noir de Chine à la violette...
J'approuve frénétiquement.
J'applaudis des deux mains.
J'exécute une petite danse de la joie.
MERCI A TOI AURZEBETH!!
Que le chemin de ta vie soit semée des pétales de cent mille roses.
Ton cadeau m'a vraiment touchée et a illuminé ma journée. Merci encore.
Pour l'avoir goûté il y a une heure, je peux vous assurer que le thé est délicieux et qu'il embaume ma chambre de son odeur de bonbon. (A propos de bonbons, les sucettes n'apparaissent pas sur les photos car je leur ai fait leur fête au gouter!)
Je ne peux pas dire grand chose du livre pour l'instant, car je ne connais absolument pas l'auteur. En revanche, si je me fie à la critique de ma chère Aurzébeth sur un autre de ses livres qui m'avait déjà bien tentée, je sais que je me régalerai... Et puis, comme elle le dit si bien: "je suis SURE qu'il te plaira... (1ère qualité: il est mort!!...)". Que demande le peuple?
Le livre en question est de Wilkie Collins, écrivain anglais du 19è siècle. Il s'agit de "The Woman in White".
Voici l'extrait de la quatrième de couverture: "There, as if it had that moment sprung out of the earth or dropped from the heaven - stood the figure of a solitary Woman, dressed from head to foot in white garments."
Le "résumé": "Walter Hartright's contemplations on the lonely, moonlit road are rudely broken by the nameless and distressed woman in white. The encounter is to change his life, for she is at the center of villainous machinations which are profoundly to affect him, and those he loves."
J'ai hâte de commencer ce livre et de découvrir cet auteur au sujet duquel un certain nombre d'entre vous semblait particulièrement enthousiaste! Merci encore Aurélie!


