un renard dans une bibliothèque

"Je ne lis jamais un livre dont je dois écrire la critique; on se laisse tellement influencer." O.Wilde

31 août 2007

Mon nom est rouge - Orhan Pamuk

Aujourd’hui, en cette journée d’été caniculaire, de ma chambre bostonienne balconée et très fenêtrée, je vais vous parler derouge « Mon nom est rouge ». Au mépris de mes obligations administratives comme ouvrir un compte bancaire à la Bank of America par exemple.
Laissons de côté ces contingences matérielles et projetons nous plutôt à Istanbul, hiver 1591. Il neige et il y a un puit bizarre. Une voix en sort. C’est le cadavre à l’intérieur qui s’adresse à nous. Il n’est pas très content d’avoir été assassiné.
Le roman introduit ainsi de façon très cavalière l’histoire polymorphe et polyphonique de « Mon nom est rouge ». Le cadavre – feu Monsieur Délicat, peintre hors pair et farouche défenseur de la peinture traditionnelle ottomane- nous révèle d’emblée les raisons de son meurtre : on voulait le faire taire. En effet, l’influence de l’art occidental, en particulier vénitien, se fait sentir dans le milieu des miniaturistes de l’atelier du Sultan avec la découverte du portrait et de l’affirmation du « style », ce qui va à l’encontre de leur conception ordinaire de la peinture. Le meurtre de Monsieur Délicat fait donc partie d’un complot contre l’art ottoman, sa culture, ses traditions et partant, l’empire.

 C’est ainsi l’opposition universelle entre l’ancien et le nouveau qui se dessine dans ce roman. Et forcément, ça se passe mal. Regardez la bataille d’Hernani. Comme sur le gilet de Théophile Gautier, le rouge explose et le sang se mêle à la peinture, ce qui en dit long sur le pouvoir de l’art sur les hommes.

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(Théophile Gautier, c'est le monsieur en rouge en bas à gauche qui gonfle du poitrail) Bataille d'Hernani par Besnard

Un autre thème le double, celui de la confrontation de l’Orient et de l’Occident, problème tristement contemporain que l’auteur fait remonter au 16è siècle. On y retrouve avec inquiétude fatwas intellectuelles, (auto)censure, fondamentalisme et anathèmes.

L’auteur décrit et dénonce ainsi la vérité des choses, à travers une œuvre de fiction. Et comme pour mieux nous en convaincre, les derniers mots du livre sont consacrés à « Orhan », à qui sa mère confie l’histoire de « mon nom est rouge » afin qu’il la retransmette à son tour, « Car Orhan ne recule, pour enjoliver ses histoires, et les rendre plus convaincantes, devant aucun mensonge. »

 L’enquête policière qui se déroule tout au long du livre semble n’être qu’un prétexte du coup, mais elle n’en est pas moins agréable à suivre. En effet, l’auteur a choisi de faire parler plusieurs personnages à la première personne, tour à tour, ce qui fait que l’histoire se construit comme un puzzle à travers les indices qui nous sont révélés. Je dis bien « révélés » car il s’agit véritablement de confession: le personnage nous parle, nous ment, nous avoue ses fautes et secrets, fantasme à haute voix. C’est drôle, inquiétant, souvent chaud et haut en couleur!
Je disais personnages, mais en fait l’auteur fait parler des objets comme une pièce de monnaie, un dessin (pas de détails croustillants pour le coup) (quoique, elle s’est retrouvée dans de drôles d’endroits la pièce de monnaie). A chaque nouveau chapitre, je trépignais d’impatience de découvrir le nouveau narrateur ! C’était trop Noël !

Comme je n’y connais absolument rien en art ottoman, c’était passionnant de découvrir sa signification, ses techniques, son histoire, ses lieux et ses thèmes. Exemple : un peintre aveugle porte sa cécité en signe d’élection divine, car il peut désormais voir le monde tel qu’Il l’a fait, c’est-à-dire débarrassé de ses imperfections humaines.
Encore un autre exemple : un artiste ne peut affirmer son style dans sa peinture car c’est signe de prétention. Il doit obéir avec humilité aux canons instaurés depuis des siècles par les plus grands peintres.

Et puis on y découvre aussi Istanbul et sa vie de tous les jours. Exemple : les jeunes gens communiquent via les vendeurs ambulants en toute discrétion (enfin, tout est relatif, puisque ces lettres sont lues par les facteurs sans scrupules en question)

Et pour achever de séduire la midinette que je suis, il y a aussi une belle histoire d’amour bien littéraire et romanesque comme il se doit, avec des obstacles, des interdits et tout. Les Mille et une nuits ne sont pas loin…

Orhan Pamuk, prix Nobel 2006, ça ne m’étonne pas. J’applaudis des deux mains!

Ps : si je n’ai pas précisé qu’il faisait plus de 700 pages, c’était pour ne pas vous décourager.

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25 août 2007

Lire en française

Les gens, je ne sais pas si je l'ai crié sur tous les toits, mais je m'envole dans quelques jours pour "la ville où l'on marche" (ce qui sous-entend que dans les autres villes du pays, on ne marche pas.) Je vous laisse deviner où, voilà des indices:
- Les Red Socks
- "La Lettre Ecarlate", N. Hawthorne
- Ally Mc Beal
- "Le Bruit et la Fureur", W.Faulkner
- Will Hunting

Je pars donc fort fort loin pour fort fort longtemps.
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Histoire de ne pas finir aveuglée par les quatrièmes de couverture des librairies outre-atlantique (vous avez vu toutes ces couleurs?), j'ai décidé de faire une place à quelques livres bien de chez nous dans mes 65 kilos de bagages règlementaires . Et les poches de mon trench, car tout ne tiendra jamais dans mes valises.
J'ai donc choisi des livres de langue française, ou traduits d'une autre langue que l'anglais. Voici les happy few:

- "Kafka sur le rivage" d'Haruki Murakami.
Pourquoi? La pub du bouquin: "Magique, hypnotique, Kafka sur le rivage est un roman d'initiation où se déploient, avec une grâce infinie et une imagination stupéfiante, toute la profondeur et la richesse de Haruki Murakami. Une œuvre majeure, qui s'inscrit parmi les plus grands romans d'apprentissage de la littérature universelle. Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore... Avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité."

- "Notre-Dame de Paris" de Victor Hugo.
Pourquoi? Je me suis rendue compte, après mon expérience de "L'Homme qui rit", qu'Hugo méritait peut-être que je lui laisse une seconde chance. Après tout, le Disney et la comédie musicale (feat Patriiiick Fiiiiori et Hélène Ségara-elle-tu-l'aimes) ne lui rendaient peut-être pas service.
Et puis il n'est pas sérieux pour une ambassadrice de France de ne pas lire Hugo avec un béret. Le devoir avant tout.

- "Les Météores" de Michel Tournier.
Pourquoi? Je clame à qui veut l'entendre que Tournier est un de mes auteurs préférés. Seulement, je n'ai lu que "Le Roi des Aulnes" et "Vendredi ou les limbes du Pacifique". J'ai longuement hésité avec "Gaspard, Melchior et Balthazar", mais une fois de plus, je me suis laissée convaincre par la pub.
"Deux jumeaux, Jean et Paul, forment un couple fraternel si uni qu'on l'appelle Jean-Paul. Mais Jean veut briser cette chaîne et essaie de se marier. Paul fait échouer ce projet. Désespéré, Jean part seul en voyage de noces à Venise. Paul se lance à sa poursuite et accomplit un long voyage initiatique autour du monde. A travers des aventures multiples et de nombreux personnages, comme le scandaleux oncle Alexandre, surnommé le dandy des gadoues, ce roman illustre le grand thème du couple humain."

- "La Grammaire est une chanson douce" d'Erik Orsenna.
Pour faire comprendre à mes américains que la grammaire française n'est pas si méchante que ça. Elle peut même être très mignonne. (car je serai chargée de cours de français dans une université fort fort lointainienne)
D'ailleurs j'ai vu qu'il a écrit un nouveau livre "La révolte des accents". A suivre.

- "Talk to the Snail" de Stephen Clarke
Oui je sais, il est en anglais, mais il faut bien un rebelle non?
C'est que je veux comprendre pourquoi on dit que les français sont paresseux, pas serviables, trop polis, misanthropes, tout le temps en grève ou malade. Pour mieux le réfuter.

- "La lenteur" de M.Kundera.
Parce que.

-"Le pavillon d'or" de Mishima
Parce que c'est une honte de n'avoir jamais lu Mishima.

- "Du côté de chez Swann" de M.Proust
Parce que ça fait deux ans qu'il faut que je dépasse "un amour de Swann".

- et le dernier: "La vie nouvelle" d'Orhan Pamuk, le dernier prix Nobel qui constitue mon obsession littéraire depuis deux mois, c'est-à-dire ma lecture de "Mon nom est rouge", oeuvre absolument magistrale (note à venir). Là encore, je me suis fiée à la pub:

Mais je me dis : ne crains rien, n'aie pas peur, continue ! Ce monde-là, celui du livre, est le monde réel. Et pourtant, j'avais peur... Pourquoi ? Parce que j'avais entendu parler des malheurs accablant des gens comme moi qui avaient eu leur vie bouleversée par la lecture d'un seul livre.

Mais Osman n'hésitera pas longtemps. Il sait que se cache derrière les mots du livre une révélation qui le dépasse mais qui peut le mener vers une vie nouvelle. Cette révélation est suivie d'une autre, celle de son amour sans limite pour Djanan. Comme lui, elle connaît le livre et fréquente un jeune homme, Mehmet, qui a atteint la connaissance. Et comme toute connaissance, celle-ci est hérissée de dangers qu'il faudra écarter. Quand Osman apprend la disparition de Djanan et de Mehmet, il n'hésite pas à se lancer dans l'aventure... Dans ce roman, Orhan Pamuk conjugue avec talent une aventure palpitante et une vision métaphysique du monde. Son narrateur, conscient de tenir en main les portes d'un nouveau monde qui s'ouvre à sa conscience par l'entremise du livre ne reculera devant rien pour arriver à la lumière. Il ira jusqu'au bout de ses forces pour déterminer au-delà de quelle frontière meurt la réalité... et commence la fiction. --Hector Chavez    

Je crois que je n'ai rien oublié...

Je sens que je vais me régaler à Fort fort lointain. La légende veut qu'elle soit une ville de libraires! Ca fait trois mois que je n'ai rien acheté en anglais pour cette occasion, je n'en peux plus, je dépéris.

A MOI BOSTON!



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15 août 2007

The Life and Times of Scrooge Mc Duck (La Jeunesse de Picsou) - Don Rosa *

Quand on dit « épopée », on pense tout de suite à Ulysse, au Roi Arthur, à Beowulf (incarné avec grâce par Christophe Lambertduck il fut un temps)… Mais quelle bande de petits joueurs comparé au grand, à l’immense Balthazar Picsou. Que l’on croit connaître, mais à tort. En effet, Balthazar Picsou est souvent ramené à une caricature risible de riche pingre, à l’image de l’Harpagon de Molière. Cette représentation, de l’épaisseur d’une feuille de papier, ne rend pas honneur à la richesse humaine du personnage. Car nous montre-t-elle autre chose que son immense coffre fort orné d’un $ ? Ses lorgnons de vieillard et son haut-de-forme ringard ? Et l’imagine-t-on en une autre compagnie que celle de Donald Duck et ses neveux ? Cette image d’Epinal est bien rassurante, car nous, innocents lecteurs, nous croyons en position de savoir et donc de maîtrise.

Notre vision du monde n’est plus tout à fait la même lorsque nous apprenons un beau jour que Balthazar Picsou est né en 1867 à Glasgow en Ecosse, et qu’il décède centenaire en 1967 à Donaldville, dans l’Etat du Calisota.
Sa vie et ses aventures, telles que nous les rapporte Don Rosa dans sa merveilleuse bande dessinée « La Jeunesse de Picsou », lui valent les surnoms de « Furie du Far-West, Massacreur du Montana, Poison de Pizen Bluff, Terreur du Transvaal, Bête noire du bush australien » entre autres. Cela vous donne une idée du canard.

« La Jeunesse de Picsou » raconte comment Balthazar Picsou gagne sa fortune, sou par sou, en commençant par le célèbre sou fétiche, symbole et origine de sa richesse. Il s’agit d’une pièce américaine qu’un client sans scrupules donne comme premier salaire au petit cireur de chaussure de Glascow. Ceci déclenche le désir acharné de Picsou de gagner de l’argent, le plus possible, d’abord pour faire survivre sa famille, ensuite pour le simple plaisir d’accumuler et de nager dans de l’or. Le départ vers les Etats-Unis et le monde moderne ne tarde pas ; c’est le début de son premier tour du monde. Il ne devient pas tout de suite l’avare sans cœur que l’on ne présente plus (même si c'est plus compliqué que ça). Il est d’abord un jeune canard naïf, plein de bonne volonté, désireux d’aider son prochain. Ce sont les évènements terribles de sa vie et les hommes qui ont fait de lui quelqu’un de dur et d’impitoyable. On ne nait pas grand kapitaliste. On le devient. Une des scènes les plus poignantes est celle où l’on voit Picsou en train d’exulter en découvrant qu’il est l’homme le plus riche du monde, au moment même où sa famille l’abandonne. La bulle d’avant, il se remémorait avec émotion ses souvenirs d’enfance. Il oublie tout celle d’après. Cette évolution dans le personnage est un crève-cœur.

Don Rosa a ainsi créé une cohérence dans l’univers des canards de Disney, à travers Picsou. Cette biographie en 12 épisodes, reconstituée à partir des planches de Carl Barks (le créateur de Picsou), permet d’éclairer les origines de certaines animosités. Ainsi les Rapetous apparaissent dans le 2è épisode ; le père de Flairsou, dessiné sous les traits d’un petit bourgeois insupportable, aide Picsou à s’approprier sa première mine de cuivre ; Grippesou est un Afrikaner sans scrupules qui profite de l’hospitalité de Picsou.
On comprend également mieux les liens familiaux. On voit les parents de Picsou, ses ancêtres qui érigeaient déjà l’avarice en institution. On voit aussi Donald –tout petit : il est le fils d’Hortense (sœur de Picsou) et de Rodolphe (fils de Grand-mère Donald), qui tous deux ont des caractères de cochon. Avec tous les personnages présents, il est possible de reconstituer de façon très précise l’arbre généalogique des Mc Picsou, façon Rougon-Macquart ! Ce n’est pas triste.
On voit aussi la mise en place du coffre-fort, les débuts des Castor-Junior et leur manuel (pas encore en poche). Ainsi que mille autres surprises chers lecteurs !

Picsou a vraiment existé. Pour vous en convaincre, Don Rosa le fait fréquenter des personnages historiques, tels Geronimo (« Celui-qui-baille »), les frères Dalton ou encore Jack London. On le voit également à bord du Titanic (en réalité, c’est lui et non pas l’iceberg qui est à l’origine du naufrage). Il assiste également à la construction de la Statue de la Liberté, à l’installation de l’électricité (pendant laquelle il a bien failli perdre toutes ses plumes).
Des clins d’œil à d’autres œuvres existent. Ainsi, le dernier épisode débute comme « Citizen Kane ». On voit une récapitulation de sa vie effectuée par la télévision, ainsi qu’une interview de ses proches et qu’un plan sur son coffre-palace dans lequel il a décidé de s’enfermer. On voit la boule de neige évocatrice de souvenirs nostalgiques. On entend un prénom de femme.


Il y a également une référence à une bande dessinée Disney très connue, "Donald au pays des oeufs carrés", dont l'auteur est Carl Barks qui la considérait comme sa meilleure histoire.


Si ça intéresse quelqu’un, des « reader’s compagnon » (genre d’explication de texte publiée en livre) en anglais existent sur Amazon.

Le dessin de Don Rosa est magnifique, très précis, riche en détails. Dans chaque bulle, parallèlement à l’histoire principale, se déroule une autre histoire, aussi savoureuse et haute en couleurs! Ainsi on voit Daphné, la fille de Grand-mère Donald, trouver une bague en diamant dans un œuf frais alors que Picsou fait connaissance avec ses parents fermiers. (D’après vous, qui est le fils de Daphné ?)
Certaines planches sont sublimes : lorsque Picsou entre dans un théâtre en feu pour sauver Goldie O’Gilt, ou encore lorsque Picsou découvre sa première pépite d’or. C’est tout simplement impressionnant.

En un mot comme en cent chers lecteurs : procurez vous cette très grande œuvre dès sa prochaine réédition (en général faite par Picsou Magazine) et ne le prêtez à personne, surtout pas à un prêtre sénégalais en partance pour son pays et qui n’a pas l’intention de vous la rendre, comme l’a fait un ami à moi.

En attendant, voilà les titres des 12 épisodes:
- Canards, centimes et destinée (épisode 0)
- Le Dernier du clan Mc Picsou
- Le Roi du Mississippi
- Buck Picsou des Badlands
- l'Aventurier de la Colline de cuivre
- le maître du manoir Mc Picsou
- la Terreur du Transvaal
- le Rêveur du never never
- l'Empereur du Klondike
- le Milliardaire des landes perdues
- l'Envahisseur de Fort Donaldville
- le Bâtisseur d'empires du Calisota
- le Canard le plus riche du monde


 

Edit du 18/08/07: parce que Cédric vient de m'y faire penser... Allez, tous avec moi: "c'est le plus grand boss de toute la ville picsouu picsouu"

Posté par celinevixen à 03:06 - Cabinet de curiosites - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 août 2007

Harry Potter and the Deathly Hallows - J.K Rowling *

PAS DE SPOILERS! AVANCEZ SANS CRAINTE! (je n'ai jamais parlé de façon aussi abstraite d'un livre, parfois je m'impressionne moi-même.)

Bien sûr, je suis une grande fan.
Pas de quoi me pointer déguisée à minuit le 21 juillet devant le WH Smith. Pas de quoi non plus me lancer dans le marathon "lire-en-une-nuit".
J'étais même prête à laisser la priorité de lecture à mon frère, rendez-vous compte.
Je lui ai laissé 24 heures. Ce n'est pas la fête non plus.

Maintenant j'ai enfin la réponse à mes questions les plus obsédantes:
- qui va y passer: Voldemort et/ou Harry?
- Snape est-il un fils de sa mère ou un gentil qui avance masqué comme j'aime à le penser?
- Que devient-IL?
- Harry va-t-il passer du côté obscur de la force? (je sais, c'est absurde)

Voilà, vous ne saurez rien, sauf qu'il s'agit d'un des meilleurs livres de la série: il est riche en nouvelles aventures, en rebondissements et en coups de théâtre auxquels IL n'est pas étranger. J'étais un tout petit peu déçue par les deux précédents ("l'ordre du phoenix" et "le prince de sang mêlé"), du fait du manque d'action pendant 500 pages que les 50 dernières tentent de rattraper comme elles peuvent. Dans les "Deathly Hallows", tout est parfaitement dosé et l'on ne s'ennuie pas une seule seconde.
Si ce tome est le plus noir, il s'y trouve tout de même de beaux moments d'émotion et d'amitié. J'en ai pleuré comme une madeleine. Ce que j'admire chez l'auteur, c'est qu'elle est parvenue à les rendre sans qu'ils paraissent gnangnan, ce qui n'était pas gagné. Il s'agit d'un livre mûr, qui a évolué avec son héro et qui conclut la série en beauté. Car la boucle se boucle, de façon cohérente et convaincante.

La seule chose avec laquelle j'ai eu du mal (mais c'est depuis les premiers tomes), c'est la façon dont l'auteur justifie l'über power d'Harry vis-à-vis de Voldemort: il serait protégé par l'amour de ses parents morts pour lui. Je trouve qu'il s'agit d'une pirouette un peu trop facile et bien pensante, mais bon je veux bien marcher.

J'ai eu une difficulté pendant la lecture: le récit fait appel à des souvenirs très précis des autres tomes, et si on ne s'en souvient plus très bien, on a du mal à se rappeler certains sorts et personnages, à comprendre la référence à certaines blagues et anecdotes. Mais heureusement, certains sites peuvent nous rafraichir la mémoire.

Potterophiles de tous les pays, manifestez-vous!
Et les autres, veillez à ce qu'il ne vous arrive pas la même mésaventure qu'à une de mes connaissances. Appelons le Paul. Paul en est aux tous derniers chapitres du "Deathly Hallows". Il est trois heures du matin. Paul est tout content à l'idée qu'il va ENFIN connaître la fin. Aussi, quelle n'est pas son horreur quand il s'aperçoit qu'il lui manque les trente dernières pages! Non, ce n'était pas un coup de Bellatrix Lestrange, mais d'un ami (?) à lui dont la cruauté et le sadisme depassent l'imagination moldue.
Rassurez vous, Paul a fini par récupérer ses pages (soigneusement enfermées dans une enveloppe) le lendemain soir après une longue journée de torture, non sans avoir sérieusement malmené son ami (?).
Il y en a qui méritent Azkaban parfois.

Edit du 24/08/07: Allez voir les avis de Lilly et Lou (qui diffèrent un peu du mien mais elles ont quand même aimé) et de Fashion Victim (qui nous fait un best of de la saga)

Posté par celinevixen à 13:07 - Toujours vivants bizarrement - Commentaires [20] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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